012120 Philosophie de la mémoire

  • Dates des cours : 3nov-10nov-17nov-24nov-1déc-8déc
  • Heure de début du cours : 14:00
  • Heure de fin du cours : 16:00
  • Jour du cours : Mardi
  • Intervenant : Jean-Luc NATIVELLE


Cours sur le site des ACN : Bâtiment Ateliers et Chantiers de Nantes
2 bis boulevard Léon Bureau 44200 NANTES 

Jean-Luc NATIVELLE

Nous en prenons conscience lorsque nous avons un « trou », quand un mot nous reste sur le bout de la langue, quand un visage « nous dit quelque chose » sauf le nom qui lui est lié… La mémoire nous est essentielle, surtout quand elle nous fait défaut !
De Platon à Ricœur en passant par Spinoza, Leibniz ou Bergson, toute l’histoire de la philosophie a considéré la mémoire comme un élément fondamental de l’expérience humaine.
Le cours commencera par questionner ce qui nous semble si familier qu’on ne s’y arrête pas : qu’est-ce qu’un souvenir ? Nous interrogerons le rôle de la mémoire dans notre identité et notre responsabilité, qu’elle soit morale ou juridique.
Nous évoquerons différents modèles scientifiques permettant d’entrer dans la mécanique du fonctionnement de la mémoire. Grâce à cette exploration, nous ferons aussi des exercices de mémorisation, en étudiant des techniques connues depuis l’Antiquité mais que notre monde toujours pressé néglige trop souvent. Nous découvrirons combien notre mémoire est souvent plus performante que nous ne le croyons généralement, faute d’en prendre soin.

Notre démarche philosophique visera à remettre en cause les idées toutes faites, et souvent négatives, que nous nous faisons sur la mémoire. Pour y prendre part, une seule condition : n’oubliez pas de vous inscrire !

Conseils de lecture, et autres :

Ouvrages génériques : 

  • Serge Nicolas, La Mémoire, édtions Dunod, collection Les topos.
  • Laurent Petit, La Mémoire, PUF, collection Que sais-je ?

Ouvrages classiques : 

  • Saint Augustin, Les Confessions, livre X, éditions GF Flammarion.
  • Henri Bergson, L’énergie spirituelle, parties IV et V, PUF, collection Quadrige.
  • Platon, Phèdre, GF Flammarion.
  • Paul Ricœur, Parcours de la reconnaissance, notamment 2e étude, chapitre III « La mémoire et la promesse », éditions Gallimard, collection Folio essais.

Romans :

  • Jaume Cabré, Confiteor, éditions Actes Sud, collection Babel.
  • Dennis Lehane, Mystic River, éd. Rivages Noir (adapté au cinéma par C. Eastwood).
  • Patrick Modiano, Dora Bruder, Rue des boutiques obscures, Gallimard collection Folio.
  • Marcel Proust, À la Recherche du temps perdu, éditions Gallimard, collection Folio.

Films :

  • Michel Gondry, Eternal sunshine of a spotless mind.
  • Alfred Hitchcock, La Maison du docteur Edwardes.
  • Christopher Nolan, Memento.

 

Jean-Luc Nativelle est agrégé de philosophie. Il enseigne en classes préparatoires à Angers et à Nantes Université. Il est l’auteur de plusieurs romans, dont Le Promeneur de la presqu’île, Prix des Lecteurs du Télégramme, et En toute bonne foi, publié en 2025 aux éditions Les Perséides. Il est intervenant à l’Université Permanente depuis 2015.

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012130 Philosophie des émotions et des valeurs

  • Dates des cours : 1oct-15oct-5nov-19nov-3déc-17déc
  • Heure de début du cours : 10:30
  • Heure de fin du cours : 12:30
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Bruno LANGLET


Bruno LANGLET

Il est assez couramment admis en philosophie que nombre de phénomènes affectifs ont la particularité d’apparaître lorsque nous sommes dans des situations qui impliquent des valeurs ou qui font signe vers elles.

Aristote a fondé la théorie des vertus en associant la vie éthique à nos dispositions de l’intellect et à celles du caractère, lesquelles sont constituées par nos dispositions à juger, à agir et surtout à ressentir au degré adéquat des émotions appropriées aux situations.

Thomas d’Aquin a élaboré un système des passions où les affects fondamentaux visent le bien sensible en tant que tel, mais aussi en tant qu’il est difficile à atteindre, ceci donnant corps à l’idée que certaines classes de passions (dites irascibles) sont par nature des ressources permettant de surmonter les obstacles.

Descartes a soutenu que les passions, entendues de manière générale, se rapportent à des traits généraux des situations sous l’aspect de l’important, du nuisible ou du profitable.

Chez Spinoza, les passions primitives que sont la joie, la tristesse et le désir tendent respectivement à m’indiquer l’augmentation de mon être (comme lorsque j’agis de manière profitable ou louable ou que je gagne des idées, des habiletés, des amis, etc.), son affaiblissement (lorsque j’en perds), tandis que le désir structure et oriente mes attitudes et actes, en me les faisant apparaitre comme porteurs de valeur.

La question de l’affectivité comporte ainsi de grandes facettes liées à la question de l’accès à ce qui importe. Dans la philosophie contemporaine, cette question des relations entre l’affectif et l’axiologique s’est posée de manière plus explicite. En quoi les émotions seraient-elles un mode d’accès pertinent aux valeurs ?

Plusieurs approches permettent de concevoir cette relation, comme celles qui font des états affectifs des perceptions de valeurs, ou bien des modes distincts de présentation de celles-ci, ou encore des révélateurs fonctionnant sur un registre au sein duquel croyances morales et réalité sont constamment en rapport.

Comment distinguer si les attitudes émotionnelles sont des manières de se rapporter à des valeurs distinctes qui seraient intrinsèques, ou s’il est plus correct de soutenir que c’est parce que nous désirons quelque chose, que ce qui est désiré reçoit une valeur ? Celle-ci serait alors extrinsèque.

Si l’accès aux valeurs repose sur les attitudes affectives, comment concevoir cette dépendance ? Elle semble être conceptuelle (l’accès aux valeurs requiert les émotions pour les identifier, mais les valeurs ont un être indépendant) ou ontologique (l’être des valeurs dépend des émotions).

Des textes clés seront distribués, lus et discutés en cours.

Bruno Langlet enseigne actuellement la philosophie au département de philosophie de l’université de Nantes. Il a publié, traduit et édité divers ouvrages et articles de philosophie contemporaine. Il a enseigné à l’université d’Aix-en-Provence et à l’université Bordeaux-Montaigne, dans le secondaire en lycée international et classique, ainsi que dans des structures d’enseignement pour non-spécialistes.

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012140 Ce que nous sommes. La question de la nature de la personne

  • Dates des cours : 7janv-21janv-4févr-18févr-18mars-1avr
  • Heure de début du cours : 10:30
  • Heure de fin du cours : 12:30
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Bruno LANGLET


Bruno LANGLET

Que sommes-nous fondamentalement ? Que recouvre le terme de « personne » ?

L’origine de cette appellation est multiple : elle est ancrée dans la conception grecque de l’hypostase (une réalité singulière existante) et du prosopon (le masque théâtral au moyen duquel des êtres sont personnifiés, ceci renvoyant aussi à un phénomène social que l’anthropologie a décrit par ailleurs en divers points du globe).

À travers des discussions articulant philosophie et théologie, Boèce a donné la première définition durable de la personne, qui est celle d’une substance (entité) individuelle rationnelle, ce que Thomas d’Aquin interprétera aussi comme un être susceptible d’action, entendu comme rationnel et singulier à ce titre. Substantialité, agentivité et rationalité sont alors essentielles. La position de Descartes conduit quant à elle à nous caractériser comme des entités pensantes d’emblée individuées, ici unies à un corps, mais dont la nature est fondamentalement immatérielle. La notion de personne est apparemment bien dépendante de celle de substance. Or cette dernière est une catégorie controversée dont la critique rebat les cartes : sans elle, comment déterminer ce que nous sommes et comment rendre compte de l’identité de la personne et de ses caractéristiques ?

Locke proposera une théorie influente de l’identité personnelle en mettant en avant la continuité psychologique fondée sur la conscience et la mémoire, ce que Butler, Reid et Hume critiqueront ou amenderont. Les positions originales de Derek Parfit conduisent quant à elles à nier que les notions d’un moi personnel ou même de l’identité personnelles soient véritablement ce qui importe.

Cela n’éclipse toutefois pas le besoin d’une ontologie personnelle, et semble même montrer qu’en ces matières, elle est toujours présupposée. Que sommes-nous exactement ? Des entités pensantes unifiées ? Ou des sortes de faisceaux de perceptions dont nous construisons les relations, comme le pensait Hume ? Sommes-nous réductibles à notre cerveau ? Ou n’y a t-il tout simplement pas de personne ici (nihilisme de la personne) ?

Outre ces questions, nous nous intéresserons aux deux conceptions contemporaines principales qui reprennent le sujet et polarisent les débats. Celle de l’animalisme, qui se concentre sur la continuité de l’animal(l’organisme) que nous sommes essentiellement, qui a la propriété non-essentielle d’être une personne lors d’une certaine phase de son existence. Et celle du constitutionnalisme, qui soutient que nous sommes bien essentiellement des personnes, c’est-à-dire des êtres rationnels, conscients, et qui sont surtout capables de former des perspectives sur eux-mêmes, mais qui sont constitués par leur corps entendu comme organisme.

Des textes de référence seront communiqués, présentés et discutés.

Bruno Langlet enseigne actuellement la philosophie au département de philosophie de l’université de Nantes. Il a publié, traduit et édité divers ouvrages et articles de philosophie contemporaine. Il a enseigné à l’université d’Aix-en-Provence et à l’université Bordeaux-Montaigne, dans le secondaire en lycée international et classique, ainsi que dans des structures d’enseignement pour non-spécialistes.

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012204 Philosophie et Intuition. Vers une intelligence sensible du monde et de nous-même

  • Dates des cours : 27janv-3févr-10févr-10mars-17mars-24mars-7avr-14avr-5mai-12mai-19mai-26mai
  • Heure de début du cours : 16:00
  • Heure de fin du cours : 18:00
  • Jour du cours : Mercredi
  • Intervenant : Julie CLOAREC MICHAUD


Julie CLOAREC MICHAUD

Et si l’aptitude particulière qui nous définissait le plus en tant qu’être humain n’était pas tant l’intelligence, mais bien plutôt l’intuition ? Que notre intelligence ait pu faire de nous des êtres sachants, capables de calculs, analysant et maitrisant le monde et la nature qui nous entourent, nous donnant suffisamment de confiance, et de suffisance peut-être, pour penser de nous-mêmes que nous étions des êtres supérieurs grâce à cette intelligence, cela fut longtemps notre croyance, et sans doute, cela l’est encore pour partie (tant il est difficile de se défaire de nos représentations habituelles). Mais ne serait-il pas temps, peut-être, d’admettre notre erreur ? Et si ce qui nous donnait notre pleine humanité, dans toute sa puissance, n’était pas cette intelligence analytique mais notre intuition sensible ?

Souvent reléguée au second plan, comme une faculté plus faible, moins rigoureuse, l’intuition a longtemps été perçue comme une sous-intelligence, une aptitude sensible, servant, comme complément à l’intelligence, à discerner de manière plus ou moins précise des détails qui nous entourent. Et si nous nous étions trompé d’échelle ? Et si l’intuition était, au contraire, notre faculté à percevoir, non pas les détails, mais l’ensemble du monde ? Et si, par voie de conséquence, l’intelligence n’était rien d’autre qu’une faculté secondaire qui, seulement une fois entrainée, peut alors s’appliquer sur des détails du monde, extraits de manière abstraite de la perception générale et intuitive que nous en avons ? L’intuition passerait alors au premier plan et elle définirait notre premier et réel rapport au monde.

 Ce cours propose d’explorer cette idée d’une intuition sensible comme puissance première dans notre manière de comprendre le monde et nous-même au travers de différents domaines philosophiques allant de l’art à la science (en suivant notamment la citation d’Einstein sur l’intuition affirmant que « c’est la seul chose qui vaille au monde ! »), et en s’autorisant à faire dialoguer entre eux des philosophes de diverses époques.

QUELQUES PHILOSOPHES ET THÈMES ABORDÉS

  • – La philosophie de H. Bergson : la remise en question de la suprématie de l’intelligence, la métaphysique, la notion de durée.
  • – Le rapport direct de l’homme à la nature chez R. W. Emerson et les transcendentalistes américains.
  • – L’implication de l’intuition dans l’élaboration de la théorie de la relativité par Einstein.
  • – L’approche poétique du savoir scientifique chez Bachelard.

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

  • BACHELARD (Gaston), La Psychanalyse du feu, Paris, Gallimard, 1938.
  • BACHELARD (Gaston), L’Eau et les rêves : essai sur l’imagination de la matière, Paris, Éditions José Corti, 1943.
  • BACHELARD (Gaston), La Formation de l’esprit scientifique, Paris, Vrin, 1938.
  • BERGSON (Henri), Le Rêve, Paris, Editions Payot & Rivages, 2012.
  • BERGSON (Henri), L’évolution créatrice, Paris, Quadrige/PUF, 2007.
  • BERGSON (Henri), La Pensée et le mouvant, Paris, Quadrige/PUF, 1999.
  • COLERIDGE (Samuel Taylor), Biographia Literaria Biographical Sketches of my Literary Life & Opinions, Chapter XIV, Princeton, Princeton University Press, 1817, reprinted 1987.
  • DUHEM (Pierre), Sauver les apparences – sur la notion de théorie physique, Paris, Vrin, 2003.
  • EMERSON (Ralph Waldo), Essais, traduction et avant-propos Anne Wicke, Michel Houdiard Éditeur, Paris, 2005.
  • GADAMER (Hans Georg), Vérité et méthode, II. L’ontologie de l’œuvre d’art et sa signification herméneutique, traduction P. Fruchon, G. Merlio et J. Grondin, Paris, Editions du Seuil, 1996.
  • KANT (Emmanuel), Critique de la raison pure, traduction A. Renaut, Paris, GF-Flammarion, 2006.
  • MERLEAU-PONTY Maurice, Le visi­ble et l’invi­si­ble, Gallimard, Tel, Paris, 1996.
  • MERLEAU-PONTY, Maurice, L’œil et l’esprit, Gallimard, Folio/Essais, Paris, 2002.
  • NIETZSCHE (Friedrich), Le Gai savoir, traduction P. Wolting, Paris, GF-Flammarion, 2000.
  • NIETZSCHE (Friedrich), Le Livre du philosophe, « Introduction théorétique sur la vérité et le mensonge au sens extra-moral », traduction A. K. Marietti, Paris, Aubier Flammarion, 1969.
  • POPPER (Karl), La connaissance objective, traduction J.-J. Rosat, Paris, coll. « Champs », Flammarion, 1999.
  • POPPER (Karl), La logique de la découverte scientifique, traduction F. Rivenc, Paris, Payot, 2007.
  • RICŒUR (Paul), La Métaphore vive, Paris, Éditions du Seuil, 1975.
  • RICŒUR (Paul), Temps et récit, Paris, Éditions du Seuil, 1983.
  • SARTRE, Jean-Paul, L’ima­gi­naire : psy­cho­lo­gie phé­no­mé­no­lo­gi­que de l’ima­gi­na­tion, Paris, coll. « Folio. Essais », Gallimard, 1986.

 

Julie Cloarec-Michaud mène une carrière à la fois dans le domaine artistique et philosophique. Danseuse professionnelle et assistante chorégraphe, elle est également docteur en philosophie (Paris I Panthéon-Sorbonne. Thèse soutenue en 2023 sous la direction de Michel Bitbol intitulée : « fiction et connaissance : du théâtre à la physique, l’esthétique et les sciences du point de vue de l’acteur. Vers une philosophie de l’absurde »). Elle donne des cours et conférences à Nantes, à l’Université ainsi qu’à l’École Normale Supérieure d’Architecture.

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012210 Variété, pouvoirs et résistance de l’imagination

  • Dates des cours : 14janv-28janv-11févr-11mars-25mars-8avr
  • Heure de début du cours : 10:30
  • Heure de fin du cours : 12:30
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Bruno LANGLET


Bruno LANGLET

Que fait-on exactement lorsque l’on imagine ? Comment un tel acte se rapporte-t-il aux actes de concevoir, juger, percevoir, supposer, considérer, contempler, penser rationnellement et logiquement ? L’imagination est classiquement considérée comme une faculté mentale, mais elle peut aussi être appréhendée comme un ensemble d’attitudes mentales : la variété de cas où elle est à l’œuvre est si vaste que nous ne savons pas de prime abord si nous disposons d’un concept unifié à son propos.

Nous en faisons assurément un usage multiple : par exemple, en formant des représentations qui s’associent librement les unes aux autres comme dans une sorte de rêve éveillé, en combinant à volonté des représentations issues de données sensibles, en nous figurant des situations possibles, en l’associant à notre rationalité, en lui faisant combler les lacunes de la perception et des objets que celle-ci esquisse, en nous représentant ce que nous ne pouvons pas percevoir, en étendant de manière simulée notre vie perceptive (« voir » mentalement la pièce de l’autre côté du mur), en anticipant très précisément des évènements imminents ou nos propres actions, en lisant des romans ou en écoutant des récits et des contes, en appréciant des œuvres ou des performances artistiques, en offrant une face sensible aux concepts abstraits, en nous figurant des courbes traduisant des équations mathématiques, peut-être même en conversant de manière ordinaire avec autrui, en formant des expériences de pensée, en voyant quelque chose « comme » quelque chose, ou encore dans des situations d’empathie – cette liste n’est pas exhaustive. En quoi ces activités peuvent-elles être ramenées à une approche unifiée de l’imagination ? Savons-nous finalement ce qu’elle est exactement ? Ce sont des questions que la philosophie contemporaine renouvelle.

L’imagination, d’autre part, propose le vrai comme le faux, indifféremment ; elle invente certes, mais apporterait aussi largement son aide lors des quêtes de la connaissance. En quel sens ? Comment une faculté qui a parfois été dite « maîtresse d’erreur et de fausseté, d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours » (Pascal), peut-elle avoir un usage épistémique, servant à acquérir des connaissances, comme c’est le cas en science ? Par exemple, lorsqu’il s’agit d’envisager des possibilités vers lesquelles la raison rechigne d’abord à se tourner, mais aussi de forger certains types de modèles afin de rendre plus palpables des phénomènes qui, sans cela, resteraient irreprésentables ? Elle semble à la fois associable à des normes cognitives et épistémiques tout en tendant à les dépasser par ailleurs.

L’imagination passe enfin pour être la faculté la plus libre mais elle rencontre bien des limites : ainsi, mon imagination subit une résistance cognitive alors que je tente de former l’image, par exemple, d’une bouteille à la fois vide et pleine, ou d’une poire invisible, c’est-à-dire lorsque mes visées mentales requièrent d’articuler des propriétés logiquement incompatibles ou des impossibilités d’un certain ordre. De même lorsque je suis sujet à une résistance morale qui apparait à l’occasion de représentations de situations imaginées ou fictives contredisant fortement mes valeurs : je ne peux pas les « normaliser » en imagination ni atténuer la charge émotionnelle qui leur fait cortège. Cette incapacité à adapter mes pensées et croyances à des contenus pourtant fictionnels révèlerait la dépendance des pouvoirs conceptuels envers un ensemble de normes logiques, éthiques, esthétiques peut-être, et mon attachement à certaines valeurs.

Nous étudierons les conceptions classiques et contemporaines de cette faculté à la fois formidable et suspectée qu’est l’imagination, aussi bien relativement à des contextes ordinaires que scientifiques.

Des textes de référence seront distribués, lus et discutés en cours.

Bruno Langlet enseigne actuellement la philosophie au département de philosophie de l’université de Nantes. Il a publié, traduit et édité divers ouvrages et articles de philosophie contemporaine. Il a enseigné à l’université d’Aix-en-Provence et à l’université Bordeaux-Montaigne, dans le secondaire en lycée international et classique, ainsi que dans des structures d’enseignement pour non-spécialistes.

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012245 Penser la musique : débats philosophiques de Platon à nos jours

  • Dates des cours : 5févr-12févr-19févr-12mars-19mars-26mars
  • Heure de début du cours : 10:15
  • Heure de fin du cours : 12:15
  • Jour du cours : Vendredi
  • Intervenant : Robert MULLER


Robert MULLER

La plupart des grands noms de notre tradition philosophique se sont intéressés à la musique, bien plus que ce que nos habitudes de lecture et notre culture le laissent entendre ; certains philosophes ont même été compositeurs (Rousseau, Nietzsche, Adorno). Une des principales questions qui les a occupés est celle de l’objet de la musique : tout le monde admet qu’elle exprime quelque chose, mais la nature de ce qu’elle exprime (des sentiments ? des histoires ? des objets du monde ? l’au-delà du monde ?) et les moyens appropriés à cette fin (par quelles techniques imiter ou restituer ce qu’on veut exprimer ?) ont suscité de vifs débats, auxquels ont pris part à la fois philosophes et théoriciens de la musique. Ce sont ces débats qu’on essaiera de comprendre à travers quelques textes emblématiques, de Platon au compositeur F.B. Mâche.

En raison du petit nombre de séances prévu, on utilisera principalement les extraits parus dans le petit volume Philosophie de la musique (R. M. et F. Fabre, Paris, Vrin, 2013), qui traite du même objet.

 

Professeur émérite depuis Septembre 2009, Robert Muller est ancien élève de l’E.N.S.-Ulm, Agrégé de Philosophie. Il est Docteur de IIIe cycle (thèse sur les Mégariques) et Docteur d’Etat (thèse sur Platon).

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012310 Quelle éducation pour l’enfance et l’adolescence aujourd’hui ? (regard philosophique)

  • Dates des cours : 3nov-10nov-24nov
  • Heure de début du cours : 10:00
  • Heure de fin du cours : 12:00
  • Jour du cours : Mardi
  • Intervenant : Jean Pierre AUBRET


Jean Pierre AUBRET

Programme proposé pour trois rencontres consacrées à :
  • Un vingtième siècle entre conservatisme et progressisme
  • Quel enfant du 21ème siècle ?
  • Quelle éducation ?

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014020 Initiation à l’anthropologie

  • Dates des cours : 8oct-5nov-19nov-3déc-17déc-14janv-28janv-11févr-11mars-25mars-8avr-13mai
  • Heure de début du cours : 10:30
  • Heure de fin du cours : 12:30
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Philippe ALONZO


Philippe ALONZO

Appréhension de la diversité et du relativisme culturels.

En mettant nos pas dans ceux des anthropologues d’hier et d’aujourd’hui, par une présentation théorique et des exemples ethnographiques classiques et contemporains, ce cours d’initiation offre un aperçu des concepts, approches et pratiques en anthropologie sociale et culturelle.

Philippe Alonzo est docteur en sociologie, maître de conférences à Nantes Université et chercheur au Centre Nantais de Sociologie (le CENS).

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014021 Socio-anthropologie de la famille et de la parenté

  • Dates des cours : 1oct-15oct-12nov-26nov-10déc-7janv-21janv-4févr-18févr-18mars-1avr-15avr
  • Heure de début du cours : 10:30
  • Heure de fin du cours : 12:30
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Philippe ALONZO


Philippe ALONZO

Prendre conscience de la pluralité des modèles familiaux à travers le monde et les sociétés humaines.

La famille est dans tous ses états ! Structure incontournable de notre société, on la dit malmenée, bouleversée, réduite à sa forme nucléaire alors même que ce noyau est décrit comme de plus en plus instable ! Les dernières évolutions juridiques sur le mariage réinterrogent nos conceptions occidentales modernes du couple, de la parenté et de la parentalité.
Ce cours est une invitation à croiser le regard à la fois sociologique et anthropologique sur les structures de la parenté dans les sociétés traditionnelles et sur les évolutions du couple et de la famille dans notre société occidentale. Cette double approche permet de relativiser les évolutions que nous vivons actuellement et montre que des sociétés que l’on qualifie de primitives ont trouvé, il y a déjà longtemps, des réponses aux questions que nous considérons aujourd’hui comme insurmontables.

Philippe Alonzo est docteur en sociologie, maître de conférences à Nantes Université et chercheur au Centre Nantais de Sociologie (le CENS).

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014022 Anthropologie de la mort

  • Dates des cours : 29sept-13oct-3nov-17nov-1déc-15déc
  • Heure de début du cours : 10:30
  • Heure de fin du cours : 12:30
  • Jour du cours : Mardi
  • Intervenant : Philippe ALONZO


Philippe ALONZO

Pour toutes les sociétés humaines, la mort n’est pas la fin de la vie. La vie continue après la mort. Cela a une conséquence directe : la mort ne s’oppose pas à la vie, mais à la naissance. Ainsi lorsqu’une personne meurt, il y a un reste et ce reste est une ou plusieurs âmes qui survivent. Toutes les sociétés ont donc mis en place des pratiques, des rites et des symboles face à un mourant et face à un mort pour faire exister ces croyances, tout comme elles ont inventé des représentations des lieux de l’au-delà. Enfin, dans toutes les sociétés humaines, des règles prescrivent des attitudes et des périodes de deuil.
Ces 6 séances d’anthropologie de la mort présentent les conceptions de l’au-delà dans les sociétés autochtones des Amériques, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie. Souvent qualifiées d’ « animistes », ces sociétés présentent différentes représentations de la mort et de ses au-delà qui entremêlent traditions cosmologiques et religions dominantes.

Philippe Alonzo est docteur en sociologie, maître de conférences à Nantes Université et chercheur au Centre Nantais de Sociologie (le CENS).

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