011015 Le peuple, au XIXe siècle, dans le regard d’un écrivain ou d’un artiste

  • Dates des cours : 1oct-8oct-15oct-5nov-12nov-19nov-26nov-3déc-10déc-17déc-7janv-14janv
  • Heure de début du cours : 14:00
  • Heure de fin du cours : 16:00
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Daniel GUYON


Daniel GUYON

Victor Hugo, George Sand, Charles Dickens, Emile Zola et bien d’autres se sont penchés sur le sort des ouvriers, la misère et l’injustice … au XIXe siècle. Gustave Courbet, Edgar Degas, Jean-François Millet … ont apporté également des éclairages sur ce qu’était le quotidien des classes populaires à cette époque. Ces œuvres ont joué un rôle dans la prise de conscience des inégalités sociales. Mais présentent-elles une image exacte de la société du XIXe siècle ou bien les auteurs ont-ils mis l’accent sur les aspects les plus dramatiques ? La confrontation avec des enquêtes, menées entre autres par des historiens, pourrait permettre de répondre à cette question.
Le cours s’appuiera sur : des extraits de romans et de films, des peintures et des gravures, des récits et des témoignages, des enquêtes et des analyses historiques et sociologiques. Il comprendra trois parties : la première explorera la condition ouvrière dans son ensemble, et le sort des femmes et des enfants en particulier. La seconde s’intéressera au cadre de vie et à la ségrégation. La troisième abordera les révoltes ouvrières et les avancées sociales.

La séance sera interactive, c’est-à-dire que chacun des participants pourra apporter ses propres connaissances sur les œuvres, les écrivains, les artistes et la période.

Le cours ne nécessitera pas de connaissances particulières, mais seulement un intérêt pour la littérature et l’art.

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011016 La société du XXe et XXIe siècle dans le regard d’un écrivain ou d’un artiste

  • Dates des cours : 28janv-4févr-11févr-18févr-11mars-18mars-25mars-1avr-8avr-15avr-13mai-20mai
  • Heure de début du cours : 14:00
  • Heure de fin du cours : 16:00
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Daniel GUYON


Daniel GUYON

Maurice Genevoix, Christine Arnothy, Albert Camus, Christiane Rochefort, Georges Perrec, Anna Gavalda, Serge Joncour et bien d’autres écrivains … ont été ou sont encore les observateurs attentifs d’une société qui a connu des bouleversements majeurs : l’expérience terrible de la guerre qui a marqué plusieurs générations, puis l’entrée dans une société pacifiée avec l’accès au confort et aux loisirs, et enfin la plongée dans un nouveau monde où des progrès techniques fulgurants changent nos modes de vie. Des artistes aussi ont été ou continuent d’être les témoins de leur époque : Pablo Picasso, Edward Hopper, Norman Rockwell, Fernand Léger, Bernard Buffet, Robert Doisneau, Adrien Belgrand, Millo, entre autres …

Les œuvres des uns et des autres sont des fenêtres sur notre environnement social. Elles nous font rêver ou réfléchir, nous permettent de nous immerger dans le vécu d’individus ordinaires ou dans des situations hors norme. Mais comment démêler la réalité de la fiction ?

L’examen de ces œuvres du XXe et XXIe siècle à la lumière de travaux d’historiens, de journalistes, de sociologues nous permettra de replacer ces créations littéraires et artistiques dans leur contexte.

Le cours s’appuiera sur des extraits de romans et de films, des peintures et des gravures, des photos, des chansons, des récits et des témoignages. Il s’intéressera surtout à la production littéraire et artistique française, mais ménagera quelques incursions chez des auteurs et artistes d’autres pays.

Les séances seront interactives, c’est-à-dire que chacun des participants pourra apporter ses propres connaissances sur les œuvres, les écrivains, les artistes et la période. Le cours ne nécessitera pas de connaissances particulières, mais seulement un intérêt pour la littérature, l’art et l’histoire sociale.

 

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011017 La folie comme forme de résistance dans l’univers littéraire de Luigi Pirandello

  • Dates des cours : 28janv-11févr-18févr-11mars-18mars-25mars
  • Heure de début du cours : 15:30
  • Heure de fin du cours : 17:30
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Walter ZIDARIC


Walter ZIDARIC

Lectures conseillées qui seront abordées lors du cours : Leonora addio (1910), Le bonnet du fou (1917), A chacun sa vérité (C’est comme ça (si vous le voulez)) (1917), Six personnages en quête d’auteur (1921), Henri IV (1922), Un, personne et cent mille (1926).

En partant de la biographie de l’écrivain sicilien, il sera question d’explorer son univers littéraire (nouvelles, romans, pièces de théâtre) à travers les différentes manifestations de la folie qui y occupent une place non négligeable. La folie, telle qu’elle est représentée par Pirandello, est une forme de résistance contre l’hypocrisie, les maux de la société. En fait, seule la folie peut permettre aux personnages pirandelliens de survivre dans un monde qui se considère comme “normal” mais qui ne l’est pas.

 

NB: Ce cours ne nécessite pas de niveau requis.

 

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011108 La Grande Bretagne aujourd’hui à travers le roman contemporain

  • Dates des cours : 7janv-21janv-4févr-18févr-18mars-1avr-15avr-13mai
  • Heure de début du cours : 13:30
  • Heure de fin du cours : 15:00
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Georges LETISSIER


Georges LETISSIER

Le roman contemporain britannique s’illustre par la persistance de la tradition réaliste, qui remonte aux XVIIIe et XIXe siècles, notamment avec Henry Fielding, Charles Dickens ou encore George Eliot. La fiction offre une voie d’accès privilégiée, comique, satirique, mais aussi grave parfois, aux questions politiques, sociales et aux enjeux idéologiques d’une nation composite, partagée entre atlantisme, européisme et pragmatisme insulaire. La dimension postcoloniale, ou décoloniale, est également majeure au sein d’une société en quête de repères, après avoir des siècles durant assuré un ascendant incontesté sur le reste du monde.
C’est donc à la radiographie d’une société traversée par des mouvements contradictoires que ce cours voudrait se livrer, partant de l’idée que l’esthétique romanesque permet d’appréhender par l’intermédiaire de l’humour, de l’ironie, de la satire (Jonathan Swift), des passions, des mémoires subjectives, mais aussi de l’implicite et des non-dits, ce que la presse ou l’historiographie ne saisissent que de manière analytique.
Pour ce cours, trois romans ont été retenus parce qu’ils illustrent des facettes différentes, mais complémentaires de la Grande Bretagne contemporaine. Publiés entre 2012 et 2022, les trois romans retenus permettent de se faire une idée de la scène littéraire britannique contemporaine :

« Chers voisins » (en anglais « Capital ») de John Lanchester, se penche, dans une veine dickensienne, sur les effets de la crise financière de 2008 sur les habitants d’une rue imaginaire du faubourg de Clapham au sud de Londres.

« Au rythme de notre colère » (en anglais « In Our Mad and Furious City ») de l’écrivain Guy Gunaratne (d’origine sri lankaise) s’inspire librement d’un fait divers tragique pour proposer une immersion dans un quartier du nord de Londres, ravagé par des tensions communautaires.

« Le royaume désuni » (en anglais « Bournville ») permet de suivre les heurs et malheurs d’une famille des Midlands de l’après-guerre jusqu’au Brexit et à la pandémie du coronavirus.

Ces œuvres, qu’il n’est pas indispensable d’avoir lues toutes dans leur intégralité pour suivre le cours, permettront de mieux connaître de l’intérieur un pays voisin, mais aussi d’étudier comment l’écriture permet d’amplifier le réel, d’en approcher les angles morts ou encore de mieux saisir l’articulation entre des subjectivités individuelles et la vie publique ; la petite histoire de tout un chacun corrélée à la Grande Histoire d’individus rassemblés pour faire nation.
Sur le plan esthétique, sera abordée la question des réalismes, toujours en lien avec l’état de la culture à un moment donné, et d’explorer la manière dont la fiction s’approprie le politique (là encore en contextualisant, notamment par des allusions à Middlemarch de George Eliot). Si aucune auteure ne figure dans ce choix, il sera fait régulièrement allusion aux femmes qui publient actuellement (Jeanette Winterson, Nadifa Mohamed, Ali Smith, Sarah Hall ou Melissa Harisson pour ne citer qu’elles).
Enfin, si le cours est en français, les citations seront proposées dans les deux langues et des notions ou concepts en langue anglaise seront introduits et commentés selon les besoins.

Textes étudiés :

  • Jonathan Coe, Le royaume désuni, folio Gallimard, 2024/Bournville, Penguin Random House, 2022.
  • Guy Gunaratne, Au rythme de notre colère, Grasset, 2020/In Our Mad and Furious City, Tinder Press, 2018.
  • John Lanchester, Chers voisins, Points, 2015/ Capital, Faber and Faber, 2012.

Aucun niveau de connaissance particulier exigé.

Georges Letissier, professeur émérite des Universités, Member of the Editorial Board of Neo-Victorian Studies, enseigne à Nantes Université.

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011109 La question du genre (gender) à travers la littérature anglaise

  • Dates des cours : 7janv-21janv-4févr-18févr-18mars-1avr-15avr-13mai
  • Heure de début du cours : 15:15
  • Heure de fin du cours : 16:45
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Georges LETISSIER


Georges LETISSIER

La question du genre (gender) à travers la littérature anglaise : William Shakespeare, Oscar Wilde, Virginia Woolf et les contemporains.

Le genre (entendu comme ressenti, vécu et identification à des codes socioculturels, par opposition au sexe biologique) est un sujet politique et idéologique. La « question du genre »  qui recoupe l’identité de genre, l’orientation sexuelle et l’attribution de nouveaux droits, parfois assimilée au wokisme, suscite la résistance de certaines forces ou systèmes politiques. Le but de ce cours est d’appréhender cette question éminemment sensible du genre à travers un parcours dans la littérature anglaise. William Shakespeare s’impose d’emblée comme la première référence majeure. Outre les Sonnets en partie dédiés à un jeune homme à l’identité énigmatique, deux comédies seront traitées sous l’angle du genre : Comme il vous plaira (1599) et bien sûr La Nuit des rois (autour de 1600), incontournable sur une telle question. Dans la première, Shakespeare à travers le personnage de Rosalinde, qui se travestit en berger, livre une réflexion truculente sur les clichés de genre qui s’appliquent respectivement aux femmes et aux hommes dans la société élisabéthaine. Dans la seconde, le questionnement sur le genre, corrélé à l’esthétique du théâtre baroque, se livre dans un jeu de miroirs inversés et de travestissements. Des siècles plus tard, Oscar Wilde dans L’importance d’être constant (1895) propose une satire qui égratigne au passage les rôles dévolus aux hommes et aux femmes dans la société patriarcale victorienne. La pièce doit être resituée dans le contexte du procès pour homosexualité à l’issue duquel l’écrivain irlandais se voit condamner pour « grave immoralité ».  C’est l’amour que porte Virginia Woolf à Vita Sackville-West qui inspire à la romancière un texte unique, inclassable : Orlando (1928). Conçu comme la biographie d’un personnage fictif, nommé Orlando – tour à tour homme puis femme – le texte de Woolf traverse l’histoire anglaise de l’âge élisabéthain à la première guerre mondiale. Enfin ce cours, qui s’appuie au passage sur la théorisation du genre et du queer dans le monde anglo-saxon (Rosi Braidotti, Judith Butler, R. W. Connell, Adrienne Rich, E.K Sedgwick etc…) abordera des auteurs contemporains avec Jeanette Winterson, Les oranges ne sont pas les seuls fruits (1985) et Alan Hollinghurst, Nos soirées (2024).

Courte bibliographie à titre indicatif, nul besoin d’acquérir les ouvrages, les extraits utiles seront fournis lors du cours, avec les citations en anglais et français.

  • Alan Hollinghurst, Nos soirées, Paris : Albin Michel, 2025. [Our Evenings, London : Picador, 2024].
  • William Shakespeare, Comme il vous plaira, (trad. Jean-Michel Déprats, édition bil. Gisèle Venet), Paris : Galimard, coll. « Folio théâtre », 2014.
  • William Shakespeare, La Nuit des rois, (trad. Jean-Michel Déprats, édition bil. Anne-Marie Miller-Blaise, préf. Denis Podalydès), Paris : Gallimard, coll. « Folio théâtre », 2025.
  • Oscar Wilde, L’importance d’être constant, (trad. Jean-Michel Déprats, édition présentée et annotée par Alain Jumeau), Paris, Gallimard, coll. « Folio théâtre », 2012. [The Importance of Being Earnest (1895) and Other Plays, London : Penguin Classics, 2000.]
  • Jeanette Winterson, Les oranges ne sont pas les seuls fruits, Paris : Points, 2013. [Oranges are not the only fruit (1985), London: Vintage, 2014.
  • Virginia Woolf, Orlando (trad. Jacques Aubert), Paris Gallimard, coll. « Folio Classique », 2018. [Orlando (1928), London: Granada, 1982].   

Georges Letissier, professeur émérite des Universités, Member of the Editorial Board of Neo-Victorian Studies, enseigne à Nantes Université.

 

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011170 Indochine, rêve d’Asie… une croisière au long cours

  • Dates des cours : 1oct-15oct-5nov-19nov-3déc-17déc-7janv-21janv-4févr-18févr-11mars-25mars
  • Heure de début du cours : 13:45
  • Heure de fin du cours : 15:45
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Henri COPIN


Henri COPIN

Au fil d’une croisière, découvrir le siècle de l’histoire commune de la France et des pays de l’ex-Indochine, dans le sillage des livres, films, sciences, arts, religions, cuisine … Ouvertures sur le Cambodge, le Laos, le Vietnam contemporains, et les évolutions de l’historiographie.
Richement illustré, ce cours se veut convivial, et fait une place aux échanges et aux interventions des participants.

La croisière combine deux approches : chronologique et thématique.
La France et les pays d’Indochine, les guerres de l’opium, la conquête et la lutte pour l’indépendance à travers la guerre ; les sociétés en contexte colonial, avec leurs échanges, leurs interactions et leurs conflits.
Littérature, cinéma : voyageurs, romanciers, journalistes, réalisateurs, à la découverte de l’Autre.

L’Empire d’Angkor, L’Angkar des Khmers rouges, L’École Française d’Extrême-Orient, et la naissance d’une science coloniale, les 3 religions et les pratiques religieuses d’Asie, avec leur fascination d’altérité.
L’École des Beaux-Arts de Hanoï, échanges culturels franco asiatiques, peinture et arts contemporains.
Littératures contemporaines de la diaspora, Indochine et francophonie : un rêve disparu ?
Que reste-t-il de l’Indochine dans la péninsule indochinoise d’aujourd’hui ?

Lecture possible :

  • Ma sœur aux yeux d’Asie, de Michel Ragon
  • Terre des oublis, de Dong Thu Huong
  • Em, de Kim Thuy, 80 mots du Viêtnam, d’Anna Moï

 

Henri Copin, agrégé de Lettres Modernes, docteur ès-lettres (Littérature générale et comparée) est auteur de nombreux ouvrages. Il est membre de l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire.

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012015 Initiation à la philosophie de Nietzsche

  • Dates des cours : 7janv-14janv-21janv-28janv-4févr-11févr
  • Heure de début du cours : 14:00
  • Heure de fin du cours : 16:00
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Jean-Luc NATIVELLE


Ce cours se déroulera dans un amphithéâtre. 
Vous trouverez le lieu exact de chacune des sessions sur le site, 
sous la rubrique : "Les cours qui ont lieu en amphi".

Jean-Luc NATIVELLE

La philosophie de Nietzsche a longtemps été l’objet de malentendus, de méprises, de déformations. Considéré comme un philosophe nihiliste – qui nie et rejette toutes les valeurs –, inspirateur de la pensée nazie, farouchement antisémite, Nietzsche est en réalité à peu près à l’opposé de l’image en grande partie construite par sa sœur, Élisabeth Förster-Nietzsche, mariée à un idéologue nazi et elle-même adepte convaincue de l’idéologie raciste.
En réalité, si on fait l’effort de bien lire les concepts de « Surhomme » ou de « Volonté de puissance », on comprend que Nietzsche fustige tous les systèmes de pensée qui enferment l’humain dans des carcans empreints de négativité et qui en diminuent la grandeur : morale, religion, idéologie. À l’inverse, Nietzsche est un penseur de l’affirmation, de l’acceptation de la vie sous toutes ses formes, un penseur du corps qui s’élève contre les philosophes et leur vénération de l’âme, un contempteur de toute forme de conformisme.
Ce cours d’initiation à la pensée de Nietzsche sera axé autour d’une distinction entre deux figures : le moraliste, qu’admire le philosophe allemand, et le moralisateur, qu’il condamne – l’observateur des mœurs humaines d’un côté, et le donneur de leçons de l’autre. Inscrite dans le cadre d’une conception tragique de l’existence humaine, cette distinction permettra d’étudier quelques-uns des concepts majeurs de la pensée de Nietzsche – la « mort de Dieu », l’éternel retour, le ressentiment – et de comprendre en quoi elle est une philosophie pour aujourd’hui.

Parmi les nombreux textes de Nietzsche, on privilégiera la lecture de La Généalogie de la morale, Par-delà bien et mal, et Humain, trop humain.
On pourra lire les œuvres de Nietzsche dans l’édition GF Flammarion, dans des traductions de Patrick Wötling ou d’Éric Blondel.

Autres textes :

  • La Philosophie de Nietzsche, de Blaise Benoît, éd. Vrin.
  • Nietzsche, de Jean Granier, éd. PUF, coll. « Que sais-je ? »
  • Nietzsche, de Patrick Wötling, éd. Le Cavalier bleu, coll. « Les idées reçues ».
  • La Pensée du sous-sol, de Patrick Wötling, éd. Allia.

 

Jean-Luc Nativelle est agrégé de philosophie. Il enseigne en classes préparatoires à Angers et à Nantes Université. Il est l’auteur de plusieurs romans, dont Le Promeneur de la presqu’île, Prix des Lecteurs du Télégramme, et En toute bonne foi, publié en 2025 aux éditions Les Perséides. Il est intervenant à l’Université Permanente depuis 2015.

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012023 Éros philosophe : libertinage et philosophie au siècle des Lumières

  • Dates des cours : 5nov-12nov-19nov-26nov-3déc-10déc-17déc-7janv-14janv-21janv-28janv-4févr
  • Heure de début du cours : 13:45
  • Heure de fin du cours : 15:45
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Gerhardt STENGER


Gerhardt STENGER

Il est notoire qu’à côté de la littérature classique du Grand Siècle, des tendances épicuriennes se sont manifestées en France au cours du XVIIe siècle, à tel point que ce n’est pas sans cause que le mot « libertinage » a désigné alors et les mœurs relâchées et la hardiesse philosophique. Héritière de cette tradition libertine, la littérature du XVIIIe siècle explore volontiers les enjeux posés par les rapports amoureux et la sexualité : une forte mesure d’érotisme, se manifestant dans un champ assez restreint, a agi de façon créatrice à l’intérieur du mouvement des Lumières. Le triomphe de la philosophie sensualiste et le progrès des sciences naturelles battent en brèche la spiritualité de l’âme dont un des rôles les plus importants avait été d’appuyer la morale traditionnelle d’inspiration chrétienne qui condamne comme péché le désir sexuel. La « matérialisation » de l’âme a donc, par un procédé inverse, libéré la part de sexualité que sa « spiritualisation » avait longtemps réprimée.

Thérèse philosophe, d’attribution incertaine, raconte, sous forme de lettre-mémoires, l’initiation d’une jeune fille aux plaisirs de la chair et son émancipation concomitante du carcan philosophique et religieux imposé par sa mère et les autorités de l’Église.
Dans le triptyque Ceci n’est pas un conte, Madame de la Carlière et Supplément au Voyage de Bougainville, ainsi que dans l’Entretien d’un philosophe avec la maréchale de***, Diderot s’interroge sur les nombreuses raisons qui font obstacle à l’amour : la situation socio-économique, l’indissolubilité du mariage, la fidélité, la nature de l’homme, etc… À l’encontre de Rousseau, il montre que le malheur de l’homme moderne provient surtout du fait que la civilisation n’a pu s’accomplir qu’en assujettissant la femme à l’homme et en contrariant leurs besoins sexuels.

Textes au programme :

  • Thérèse philosophe, éd. F. Lotterie, GF-Flammarion, n° 1254
  • Diderot : Contes, éd. B. Didier, Le Livre de Poche, n° 3144
  • Diderot : Sur les femmes, Folio 2 €, n° 5637

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012025 Le conte philosophique de Voltaire

  • Dates des cours : 5nov-12nov-19nov-26nov-3déc-10déc-17déc-7janv-14janv-21janv-28janv-4févr
  • Heure de début du cours : 15:45
  • Heure de fin du cours : 17:45
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Gerhardt STENGER


Gerhardt STENGER

Le genre du conte philosophique date du XVIIIe siècle. Il s’agit d’un récit fictif, court et plaisant, qui emprunte des traits aux contes et romans traditionnels, en y joignant les problématiques sérieuses de la philosophie. L’homme est-il libre ? De quoi est-il responsable ? Dieu a-t-il pu vouloir le mal ? Que peut-on espérer de l’ordre de l’univers et de la justice divine ? Comment supporter l’imperfection du monde ? Peut-on garder son innocence ? L’amour et la raison triompheront-ils, ou bien la définitive et angoissante bêtise des esprits faux ? Les héros des contes voltairiens se font l’écho de ces interrogations. Micromégas constate que tous les habitants des planètes qu’il a visitées souffrent de leurs imperfections ; Zadig ne comprend pas pourquoi les calamités s’acharnent sur lui malgré ses qualités morales et ses bonnes actions ; Candide rencontre des maux partout où il passe ; quant à l’Ingénu, il finit par conclure que malheur est bon à quelque chose. L’alliance entre philosophie et littérature telle que Voltaire la pratique dans ses fictions philosophiques s’avère une arme efficace dans son engagement pour promouvoir la raison critique et lutter contre les injustices de son temps.

Textes au programme :
– Voltaire : Micromégas, Zadig, Candide, L’Ingénu
Ces quatre contes de Voltaire peuvent être achetés dans n’importe quelle édition.

 

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012045 Hannah Arendt : amitié et politique (thèmes et contenus actualisés)

  • Dates des cours : 5nov-12nov-19nov-26nov-3déc-10déc
  • Heure de début du cours : 14:30
  • Heure de fin du cours : 16:30
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Vincent GRÉGOIRE


Vincent GRÉGOIRE

Ce cours aborde des thèmes variés et actuels liés à Hannah Arendt, avec un contenu entièrement repensé pour cette année. Les séances proposeront de nouvelles perspectives et approches, garantissant une expérience d’apprentissage enrichissante tant pour les nouveaux étudiants que pour ceux ayant déjà suivi le cours l’année précédente. Aucune connaissance préalable de l’année dernière n’est requise.

Revenant sur les mois qui suivirent la prise du pouvoir d’Hitler et qui précédèrent son exil, Hannah Arendt déclarait en 1964 : « Le problème n’était pas tant ce que faisaient nos ennemis que ce que faisaient nos amis ». En 1951, dans Les origines du totalitarisme, elle écrivait : « Les hommes solitaires ont toujours été en danger de tomber dans la désolation quand ils ne trouvent plus la grâce rédemptrice de l’amitié ». Ces deux assertions font bien ressortir que, pour Arendt, l’amitié est un lien qui ne relève pas de la seule sphère privée. Elle possède aussi une dimension politique dans la mesure où elle sauve la possibilité d’un monde commun alors même que la sphère publique est menacée ou détruite par les logiques tyranniques ou totalitaires ou encore par la médiocrité de l’époque. Ce cours propose dans un premier temps de resituer la notion arendtienne d’amitié dans la tradition de la philosophie politique (d’Aristote à Carl Schmitt), en relation avec les notions d’amour, de compassion, de fidélité, de fraternité, d’alliance. Il s’agira ensuite de bien faire ressortir que, pour elle, il ne s’agit pas seulement d’une notion mais bel et bien d’une expérience, réellement salutaire, qui accompagna sa propre vie politique et qu’elle vécut intensément aussi bien avec des vivants qu’avec des morts (Rahel Varnhagen, Rosa Luxemburg, Walter Benjamin, Gershom Scholem, Karl Jaspers…). Nous nous arrêterons sur quelques-unes de ces amitiés.

Vincent Grégoire est agrégé et docteur en philosophie, il est aussi directeur de publication de la revue « Sens-Dessous »

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