011108 La Grande Bretagne aujourd’hui à travers le roman contemporain

  • Dates des cours : 7janv-21janv-4févr-18févr-18mars-1avr-15avr-13mai
  • Heure de début du cours : 13:30
  • Heure de fin du cours : 15:00
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Georges LETISSIER


Georges LETISSIER

Le roman contemporain britannique s’illustre par la persistance de la tradition réaliste, qui remonte aux XVIIIe et XIXe siècles, notamment avec Henry Fielding, Charles Dickens ou encore George Eliot. La fiction offre une voie d’accès privilégiée, comique, satirique, mais aussi grave parfois, aux questions politiques, sociales et aux enjeux idéologiques d’une nation composite, partagée entre atlantisme, européisme et pragmatisme insulaire. La dimension postcoloniale, ou décoloniale, est également majeure au sein d’une société en quête de repères, après avoir des siècles durant assuré un ascendant incontesté sur le reste du monde.
C’est donc à la radiographie d’une société traversée par des mouvements contradictoires que ce cours voudrait se livrer, partant de l’idée que l’esthétique romanesque permet d’appréhender par l’intermédiaire de l’humour, de l’ironie, de la satire (Jonathan Swift), des passions, des mémoires subjectives, mais aussi de l’implicite et des non-dits, ce que la presse ou l’historiographie ne saisissent que de manière analytique.
Pour ce cours, trois romans ont été retenus parce qu’ils illustrent des facettes différentes, mais complémentaires de la Grande Bretagne contemporaine. Publiés entre 2012 et 2022, les trois romans retenus permettent de se faire une idée de la scène littéraire britannique contemporaine :

« Chers voisins » (en anglais « Capital ») de John Lanchester, se penche, dans une veine dickensienne, sur les effets de la crise financière de 2008 sur les habitants d’une rue imaginaire du faubourg de Clapham au sud de Londres.

« Au rythme de notre colère » (en anglais « In Our Mad and Furious City ») de l’écrivain Guy Gunaratne (d’origine sri lankaise) s’inspire librement d’un fait divers tragique pour proposer une immersion dans un quartier du nord de Londres, ravagé par des tensions communautaires.

« Le royaume désuni » (en anglais « Bournville ») permet de suivre les heurs et malheurs d’une famille des Midlands de l’après-guerre jusqu’au Brexit et à la pandémie du coronavirus.

Ces œuvres, qu’il n’est pas indispensable d’avoir lues toutes dans leur intégralité pour suivre le cours, permettront de mieux connaître de l’intérieur un pays voisin, mais aussi d’étudier comment l’écriture permet d’amplifier le réel, d’en approcher les angles morts ou encore de mieux saisir l’articulation entre des subjectivités individuelles et la vie publique ; la petite histoire de tout un chacun corrélée à la Grande Histoire d’individus rassemblés pour faire nation.
Sur le plan esthétique, sera abordée la question des réalismes, toujours en lien avec l’état de la culture à un moment donné, et d’explorer la manière dont la fiction s’approprie le politique (là encore en contextualisant, notamment par des allusions à Middlemarch de George Eliot). Si aucune auteure ne figure dans ce choix, il sera fait régulièrement allusion aux femmes qui publient actuellement (Jeanette Winterson, Nadifa Mohamed, Ali Smith, Sarah Hall ou Melissa Harisson pour ne citer qu’elles).
Enfin, si le cours est en français, les citations seront proposées dans les deux langues et des notions ou concepts en langue anglaise seront introduits et commentés selon les besoins.

Textes étudiés :

  • Jonathan Coe, Le royaume désuni, folio Gallimard, 2024/Bournville, Penguin Random House, 2022.
  • Guy Gunaratne, Au rythme de notre colère, Grasset, 2020/In Our Mad and Furious City, Tinder Press, 2018.
  • John Lanchester, Chers voisins, Points, 2015/ Capital, Faber and Faber, 2012.

Aucun niveau de connaissance particulier exigé.

Georges Letissier, professeur émérite des Universités, Member of the Editorial Board of Neo-Victorian Studies, enseigne à Nantes Université.

01xxxx La question du genre (gender) à travers la littérature anglaise.

  • Dates des cours : 7janv-21janv-4févr-18févr-18mars-1avr-15avr-13mai
  • Heure de début du cours : 15:15
  • Heure de fin du cours : 16:45
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Georges LETISSIER


Georges LETISSIER

La question du genre (gender) à travers la littérature anglaise : William Shakespeare, Oscar Wilde, Virginia Woolf et les contemporains.

Le genre (entendu comme ressenti, vécu et identification à des codes socioculturels, par opposition au sexe biologique) est un sujet politique et idéologique. La « question du genre »   qui recoupe l’identité de genre, l’orientation sexuelle et l’attribution de nouveaux droits, parfois assimilée au wokisme, suscite la résistance de certaines forces ou systèmes politiques. Le but de ce cours est d’appréhender cette question éminemment sensible du genre à travers un parcours dans la littérature anglaise. William Shakespeare s’impose d’emblée comme la première référence majeure. Outre les Sonnets en partie dédiés à un jeune homme à l’identité énigmatique, deux comédies seront traitées sous l’angle du genre : Comme il vous plaira (1599) et bien sûr La Nuit des rois (autour de 1600), incontournable sur une telle question. Dans la première, Shakespeare à travers le personnage de Rosalinde, qui se travestit en berger, livre une réflexion truculente sur les clichés de genre qui s’appliquent respectivement aux femmes et aux hommes dans la société élisabéthaine. Dans la seconde le questionnement sur le genre, corrélé à l’esthétique du théâtre baroque, se livre dans un jeu de miroirs inversés et de travestissements. Des siècles plus tard, Oscar Wilde dans L’importance d’être constant (1895) propose une satire qui égratigne au passage les rôles dévolus aux hommes et aux femmes dans la société patriarcale victorienne. La pièce doit être resituée dans le contexte du procès pour homosexualité à l’issue duquel l’écrivain irlandais se voit condamner pour « grave immoralité ».  C’est l’amour que porte Virginia Woolf à Vita Sackville-West qui inspire à la romancière un texte unique, inclassable : Orlando (1928). Conçu comme la biographie d’un personnage fictif, nommé Orlando – tour à tour homme puis femme – le texte de Woolf traverse l’histoire anglaise de l’âge élisabéthain à la première guerre mondiale. Enfin ce cours, qui s’appuie au passage sur la théorisation du genre et du queer dans le monde anglo-saxon (Rosi Braidotti, Judith Butler, R. W. Connell, Adrienne Rich, E.K Sedgwick etc…) abordera des auteurs contemporains avec Jeanette Winterson, Les oranges ne sont pas les seuls fruits (1985) et Alan Hollinghurst, Nos soirées (2024).

Courte bibliographie à titre indicatif, nul besoin d’acquérir les ouvrages, les extraits utiles seront fournis lors du cours, avec les citations en anglais et français.

  • Alan Hollinghurst, Nos soirées, Paris : Albin Michel, 2025. [Our Evenings, London : Picador, 2024].
  • William Shakespeare, Comme il vous plaira, (trad. Jean-Michel Déprats, édition bil. Gisèle Venet), Paris : Galimard, coll. « Folio théâtre », 2014.
  • William Shakespeare, La Nuit des rois, (trad. Jean-Michel Déprats, édition bil. Anne-Marie Miller-Blaise, préf. Denis Podalydès), Paris : Gallimard, coll. « Folio théâtre », 2025.
  • Oscar Wilde, L’importance d’être constant, (trad. Jean-Michel Déprats, édition présentée et annotée par Alain Jumeau), Paris, Gallimard, coll. « Folio théâtre », 2012. [The Importance of Being Earnest (1895) and Other Plays, London : Penguin Classics, 2000.]
  • Jeanette Winterson, Les oranges ne sont pas les seuls fruits, Paris : Points, 2013. [Oranges are not the only fruit (1985), London: Vintage, 2014.
  • Virginia Woolf, Orlando (trad. Jacques Aubert), Paris Gallimard, coll. « Folio Classique », 2018. [Orlando (1928), London: Granada, 1982].   

Georges Letissier, professeur émérite des Universités, Member of the Editorial Board of Neo-Victorian Studies, enseigne à Nantes Université.