012240 Walter Benjamin penseur de la catastrophe: résister au présent

  • Dates des cours : 11mars-18mars-25mars-1avr-8avr-15avr
  • Heure de début du cours : 14:30
  • Heure de fin du cours : 16:30
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Vincent GRÉGOIRE


Vincent GRÉGOIRE

Dans une lettre d’avril 1931 à son ami Gershom Scholem, Walter Benjamin (1892-1940) se décrivait comme « un naufragé qui dérive sur une épave, en grimpant à l’extrémité du mât qui est déjà fendu. Mais il a une chance de donner de là-haut un signal de détresse. » D’une certaine manière toute son œuvre peut être lue comme un grand signal de détresse lancé pendant que l’Europe sombre entre les deux guerres mondiales. Le naufragé lui même, Juif Allemand exilé en France, met fin à ses jours le 26 septembre 1940 stoppé dans sa fuite à la frontière espagnole. Il nous reste à recueillir le signal résonnant dans son œuvre inachevée. Ce cours propose d’esquisser ce travail en explorant les axes importants de sa pensée (la théologie, l’esthétique, la politique) à travers les étapes de sa vie, marquée par une forme de précarité perpétuelle mais aussi par ses amitiés intenses et conflictuelles avec des figures aussi fortes et diverses que Gershom Scholem (grand spécialiste de la pensée juive, installé en Palestine et souhaitant y faire venir son ami), Bertolt Brecht (le célèbre dramaturge rallié au communisme) ou encore Theodore Adorno (pilier de l’Ecole de Francfort).
Résister au présent signifie répondre dès à présent à l’urgence de l’époque (et chaque époque recèle une urgence), mais signifie aussi ne pas se laisser séduire par l’illusion d’un présent compris comme étape d’un progrès. Nous verrons comment la philosophie de l’histoire de Benjamin est radicalement opposée l’idée de progrès (qu’elle soit portée par le communisme, le sionisme, ou la démocratie libérale) et que c’est justement pour cela qu’elle permet de repenser l’utopie.

Vincent Grégoire est agrégé et docteur en philosophie, il est aussi directeur de publication de la revue « Sens-Dessous »