014023 Sociologie politique

  • Dates des cours : 16nov-23nov-30nov-7déc
  • Heure de début du cours : 14:00
  • Heure de fin du cours : 15:30
  • Jour du cours : Lundi
  • Intervenant : Philippe MASSON


Philippe MASSON

Le cours de l’année universitaire 2024-25 avait examiné les questions relatives à l’opinion politique, au vote en France et aux lignes de clivage qui structurent le régime politique. Celui de l’année 2025-26 était plutôt centré sur les organisations et les mouvements politiques. Le cours de cette année 2026-2027 examinera, dans un format de 6 heures, de nouvelles questions qui n’ont pas été abordées jusqu’à présent. Il n’est pas nécessaire, pour s’y inscrire, d’avoir suivi les deux cours précédents.
L’élection présidentielle française se profile. Vous vous dites peut-être alors qu’il serait opportun de suivre un cours de sociologie politique pour en faire l’analyse. On me dit que Jean-Luc Mélenchon est un personnage charismatique qui peut être présent à plusieurs meetings différents en même temps, comme si on multipliait les petits pains ! Je me souviens qu’on le disait aussi de Jacques Chirac qui, au cours de ses visites présidentielles, serrait gentiment les mains des habitants après avoir tapé le cul des vaches ! Pour les chercheurs en sciences sociales, qui expliquent le social par le social, voilà une propriété bien étrange (le charisme, pas le fait de taper le cul des vaches, suivez un peu), qui semble individuelle, personnelle et dont on comprend mal les soubassements. Les candidats vont battre la campagne (les vaches seront contentes), enchaîner les réunions publiques et les meetings. Mais qu’est-ce donc faire campagne ? Cela tombe bien, les anthropologues du politique ont étudié les campagnes électorales. Que nous apprennent les analyses biographiques des anciens présidents de la République française ? Qui sont les hommes de l’ombre qui les servent ? De quoi s’agit-il quand on parle de « présidentialisation du régime politique » ? Pendant une campagne électorale, les candidats utilisent de nombreuses notions qui sont discutées par les chercheurs de sciences sociales, comme celle de « nation » que certains candidats veulent défendre ou que d’autres veulent nouvelle, ou encore celle de « fascisme » auquel certains candidats entendent « faire front », « faire barrage » ou « faire bloc ». Des notions qu’il faut mettre en perspective (celles de nation ou de charisme, pas celles de bloc ou barrage, on n’est pas dans le bâtiment).
Il ne s’agira donc pas de commenter l’actualité politique de la campagne électorale qui s’annonce, mais de faire un pas de côté, de s’extraire des débats politiciens pour porter un regard distancié sur cet objet qui, tous les 5 ans (depuis la révision constitutionnelle de 2000), déchaine les passions françaises.

Philippe Masson est enseignant-chercheur à Nantes Université, il est titulaire d’un doctorat de sociologie de l’EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris)