012025 Philosophie de la mémoire

  • Dates des cours : 3nov-10nov-17nov-24nov-1déc-8déc
  • Heure de début du cours : 14:00
  • Heure de fin du cours : 16:00
  • Jour du cours : Mardi
  • Intervenant : Jean-Luc NATIVELLE


Cours sur le site des ACN : Bâtiment Ateliers et Chantiers de Nantes
2 bis boulevard Léon Bureau 44200 NANTES 

Jean-Luc NATIVELLE

Nous en prenons conscience lorsque nous avons un « trou », quand un mot nous reste sur le bout de la langue, quand un visage « nous dit quelque chose » sauf le nom qui lui est lié… La mémoire nous est essentielle, surtout quand elle nous fait défaut !
De Platon à Ricœur en passant par Spinoza, Leibniz ou Bergson, toute l’histoire de la philosophie a considéré la mémoire comme un élément fondamental de l’expérience humaine.
Le cours commencera par questionner ce qui nous semble si familier qu’on ne s’y arrête pas : qu’est-ce qu’un souvenir ? Nous interrogerons le rôle de la mémoire dans notre identité et notre responsabilité, qu’elle soit morale ou juridique.
Nous évoquerons différents modèles scientifiques permettant d’entrer dans la mécanique du fonctionnement de la mémoire. Grâce à cette exploration, nous ferons aussi des exercices de mémorisation, en étudiant des techniques connues depuis l’Antiquité mais que notre monde toujours pressé néglige trop souvent. Nous découvrirons combien notre mémoire est souvent plus performante que nous ne le croyons généralement, faute d’en prendre soin.

Notre démarche philosophique visera à remettre en cause les idées toutes faites, et souvent négatives, que nous nous faisons sur la mémoire. Pour y prendre part, une seule condition : n’oubliez pas de vous inscrire !

Conseils de lecture, et autres :

Ouvrages génériques : 

Serge Nicolas, La Mémoire, édtions Dunod, collection Les topos.
Laurent Petit, La Mémoire, PUF, collection Que sais-je ?

Ouvrages classiques : 

Saint Augustin, Les Confessions, livre X, éditions GF Flammarion.
Henri Bergson, L’énergie spirituelle, parties IV et V, PUF, collection Quadrige.
Platon, Phèdre, GF Flammarion.
Paul Ricœur, Parcours de la reconnaissance, notamment 2e étude, chapitre III « La mémoire et la promesse », éditions Gallimard, collection Folio essais.

Romans :

Jaume Cabré, Confiteor, éditions Actes Sud, collection Babel.
Dennis Lehane, Mystic River, éd. Rivages Noir (adapté au cinéma par C. Eastwood).
Patrick Modiano, Dora Bruder, Rue des boutiques obscures, Gallimard collection Folio.
Marcel Proust, À la Recherche du temps perdu, éditions Gallimard, collection Folio.

Films :

Michel Gondry, Eternal sunshine of a spotless mind.
Alfred Hitchcock, La Maison du docteur Edwardes.
Christopher Nolan, Memento.

 

Jean-Luc Nativelle est agrégé de philosophie. Il enseigne en classes préparatoires à Angers et à Nantes Université. Il est l’auteur de plusieurs romans, dont Le Promeneur de la presqu’île, Prix des Lecteurs du Télégramme, et En toute bonne foi, publié en 2025 aux éditions Les Perséides. Il est intervenant à l’Université Permanente depuis 2015.

01202x Initiation à la philosophie de Nietzsche

  • Dates des cours : 7janv-14janv-21janv-28janv-4févr-11févr
  • Heure de début du cours : 14:00
  • Heure de fin du cours : 16:00
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Jean-Luc NATIVELLE


Ce cours se déroulera dans un amphithéâtre. Vous trouverez le lieu exact de chacune des sessions sur le site, 
à l'emplacement : https://up.univ-nantes.fr/accueil/des-cours-pour-tous 
sous la rubrique : "Les cours qui ont lieu en amphi". 

Jean-Luc NATIVELLE

La philosophie de Nietzsche a longtemps été l’objet de malentendus, de méprises, de déformations. Considéré comme un philosophe nihiliste – qui nie et rejette toutes les valeurs –, inspirateur de la pensée nazie, farouchement antisémite, Nietzsche est en réalité à peu près à l’opposé de l’image en grande partie construite par sa sœur, Élisabeth Förster-Nietzsche, mariée à un idéologue nazi et elle-même adepte convaincue de l’idéologie raciste.
En réalité, si on fait l’effort de bien lire les concepts de « Surhomme » ou de « Volonté de puissance », on comprend que Nietzsche fustige tous les systèmes de pensée qui enferment l’humain dans des carcans empreints de négativité et qui en diminuent la grandeur : morale, religion, idéologie. À l’inverse, Nietzsche est un penseur de l’affirmation, de l’acceptation de la vie sous toutes ses formes, un penseur du corps qui s’élève contre les philosophes et leur vénération de l’âme, un contempteur de toute forme de conformisme.
Ce cours d’initiation à la pensée de Nietzsche sera axé autour d’une distinction entre deux figures : le moraliste, qu’admire le philosophe allemand, et le moralisateur, qu’il condamne – l’observateur des mœurs humaines d’un côté, et le donneur de leçons de l’autre. Inscrite dans le cadre d’une conception tragique de l’existence humaine, cette distinction permettra d’étudier quelques-uns des concepts majeurs de la pensée de Nietzsche – la « mort de Dieu », l’éternel retour, le ressentiment – et de comprendre en quoi elle est une philosophie pour aujourd’hui.

Parmi les nombreux textes de Nietzsche, on privilégiera la lecture de La Généalogie de la morale, Par-delà bien et mal, et Humain, trop humain.
On pourra lire les œuvres de Nietzsche dans l’édition GF Flammarion, dans des traductions de Patrick Wötling ou d’Éric Blondel.

Autres textes :

La Philosophie de Nietzsche, de Blaise Benoît, éd. Vrin.
Nietzsche, de Jean Granier, éd. PUF, coll. « Que sais-je ? »
Nietzsche, de Patrick Wötling, éd. Le Cavalier bleu, coll. « Les idées reçues ».
La Pensée du sous-sol, de Patrick Wötling, éd. Allia.

 

 

Jean-Luc Nativelle est agrégé de philosophie. Il enseigne en classes préparatoires à Angers et à Nantes Université. Il est l’auteur de plusieurs romans, dont Le Promeneur de la presqu’île, Prix des Lecteurs du Télégramme, et En toute bonne foi, publié en 2025 aux éditions Les Perséides. Il est intervenant à l’Université Permanente depuis 2015.

012071 Petite histoire de la philosophie occidentale en citations, l’Antiquité

  • Dates des cours : 29sept-13oct-10nov-24nov-8déc-5janv-19janv-2févr-16févr-16mars-30mars-13avr
  • Heure de début du cours : 16:15
  • Heure de fin du cours : 18:15
  • Jour du cours : Mardi
  • Intervenant : Guy BALOUP


Guy BALOUP

Des citations illustres ou moins connues mais qui ont traversé les âges constituent autant de jalons pour la philosophie occidentale. On en présentera quelques unes qui nous paraissent caractéristiques ; on indiquera le contexte de leur formulation ; on les expliquera en mettant en évidence leur portée, les controverses qu’elles ont suscitées, leur place dans la pensée d’aujourd’hui, les interprétations discutables auxquelles elles s’exposent.

Ce parcours d’initiation qui a été engagé les années précédentes depuis la Grèce antique s’adresse à des non-spécialistes.

Citations proposées à la réflexion :

  • « Tout arrive selon le logos » Héraclite
  • « Le discours est un puissant souverain » Gorgias
  • « Connais-toi, toi-même » Socrate
  • « Nul n’est méchant volontairement » Platon
  • « La Cité est une communauté de vie heureuse » Aristote
  • « Le plaisir est le principe de la vie heureuse » Épicure
  • « Supporte et abstiens-toi » Devise stoïcienne
  • « Ne va pas au dehors, rentre en toi-même » Augustin d’Hippone

 

Guy Baloup, est professeur agrégé de philosophie retraité et titulaire d’un master de recherche en sciences de l’éducation, il est intervenant à l’UP depuis de nombreuses années.

 

 

012072 Petite histoire de la philosophie occidentale en citations, 20ème, 21ème siècles

  • Dates des cours : 6oct-3nov-17nov-1déc-15déc-12janv-26janv-9févr-9mars-23mars-6avr-4mai
  • Heure de début du cours : 16:15
  • Heure de fin du cours : 18:15
  • Jour du cours : Mardi
  • Intervenant : Guy BALOUP


Guy BALOUP

Des citations illustres ou moins connues mais qui ont traversé les âges constituent autant de jalons pour la philosophie occidentale. On en présentera quelques unes qui nous paraissent caractéristiques ; on indiquera le contexte de leur formulation ; on les expliquera en mettant en évidence leur portée, les controverses qu’elles ont suscitées, leur place dans la pensée d’aujourd’hui, les interprétations discutables auxquelles elles s’exposent.

Ce parcours d’initiation qui a été engagé les années précédentes depuis la Grèce antique s’adresse à des non-spécialistes .

Citations proposées à la réflexion :

  • « Nous sommes condamnés à être libres » J.P. Sartre
  • « Le monde a commencé sans l’homme et s’achèvera sans lui » C. Lévi-Strauss
  • « Il n’y a pas d’identité culturelle » François Jullien
  • « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future de la vie. » Hans Jonas
  • « Sans la reconnaissance, l’individu ne peut se penser en sujet de sa propre vie » Axel Honneth
  • « La justice est la première des institutions sociales comme la vérité est celle des systèmes de pensée. » John Rawls

Guy Baloup, est professeur agrégé de philosophie retraité et titulaire d’un master de recherche en sciences de l’éducation, il est intervenant à l’UP depuis de nombreuses années.

 

012101 Introduction aux Rencontres de Sophie : « rêver »

  • Dates des cours : 14janv-21janv-28janv-4févr-11févr
  • Heure de début du cours : 18:00
  • Heure de fin du cours : 19:30
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Jean-Michel VIENNE


Vous trouverez le lieu de chacune des sessions de ce cours : 012101 Introduction aux Rencontres de Sophie : "rêver" avec Mr Vienne
sur le site, à l'emplacement :

https://up.univ-nantes.fr/accueil/des-cours-pour-tous
sous la rubrique : "Les cours qui ont lieu en amphi".

  • 012101 Introduction aux Rencontres de Sophie : « les machines » – Jean-Michel VIENNE
    • Jeudi – 18h00/19h30          14janv-21janv-28janv-4févr-11févr
N'hésitez pas à vérifier s'il n'y a pas eu de modification, avant vos déplacements. Les informations pour les cours de février seront renseignés en janvier.
 
Programme à venir
    Jean-Michel VIENNE, coordinateur du cours

012120 Philosophie des émotions et des valeurs

  • Dates des cours : 30sept-7oct-14oct-4nov-18nov-25nov (à confirmer fin juin 2026)
  • Heure de début du cours : 13:30
  • Heure de fin du cours : 15:30
  • Jour du cours : Mardi
  • Intervenant : Bruno LANGLET


Bruno LANGLET

Il est assez couramment admis en philosophie que nombre de phénomènes affectifs ont la
particularité d’apparaître lorsque nous sommes dans des situations qui impliquent des valeurs
ou qui font signe vers elles.

Aristote a fondé la théorie des vertus en associant la vie éthique à nos dispositions de
l’intellect et à celles du caractère, lesquelles sont constituées par nos dispositions à juger,
à agir et surtout à ressentir au degré adéquat des émotions appropriées aux situations.

Thomas d’Aquin a élaboré un système des passions où les affects fondamentaux visent le bien
sensible en tant que tel, mais aussi en tant qu’il est difficile à atteindre, ceci donnant corps
à l’idée que certaines classes de passions (dites irascibles) sont par nature des ressources
permettant de surmonter les obstacles.

Descartes a soutenu que les passions, entendues de manière générale, se rapportent à des
traits généraux des situations sous l’aspect de l’important, du nuisible ou du profitable.

Chez Spinoza, les passions primitives que sont la joie, la tristesse et le désir tendent
respectivement à m’indiquer l’augmentation de mon être (comme lorsque j’agis de manière
profitable ou louable ou que je gagne des idées, des habiletés, des amis, etc.), son
affaiblissement (lorsque j’en perds), tandis que le désir structure et oriente mes attitudes
et actes, en me les faisant apparaitre comme porteurs de valeur.

La question de l’affectivité comporte ainsi de grandes facettes liées à la question de l’accès à
ce qui importe. Dans la philosophie contemporaine, cette question des relations entre l’affectif
et l’axiologique s’est posée de manière plus explicite. En quoi les émotions seraient-elles un
mode d’accès pertinent aux valeurs ?

Plusieurs approches permettent de concevoir cette relation, comme celles qui font des états
affectifs des perceptions de valeurs, ou bien des modes distincts de présentation de celles-ci,
ou encore des révélateurs fonctionnant sur un registre au sein duquel croyances morales et
réalité sont constamment en rapport.

Comment distinguer si les attitudes émotionnelles sont des manières de se rapporter à des
valeurs distinctes qui seraient intrinsèques, ou s’il est plus correct de soutenir que c’est parce
que nous désirons quelque chose, que ce qui est désiré reçoit une valeur ? Celle-ci serait alors
extrinsèque.

Si l’accès aux valeurs repose sur les attitudes affectives, comment concevoir cette dépendance ?
Elle semble être conceptuelle (l’accès aux valeurs requiert les émotions pour les identifier,
mais les valeurs ont un être indépendant) ou ontologique (l’être des valeurs dépend des émotions).

Des textes clés seront distribués, lus et discutés en cours.

 

012123 Ce que nous sommes. La question de la nature de la personne

  • Dates des cours : 8janv-22janv-5févr-5mars-19mars-2avr
  • Heure de début du cours : 11:00
  • Heure de fin du cours : 13:00
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Bruno LANGLET


Bruno LANGLET

Que sommes-nous fondamentalement ? Que recouvre le terme de « personne » ?

L’origine de cette appellation est multiple : elle est ancrée dans la conception grecque
de l’hypostase (une réalité singulière existante) et du prosopon (le masque théâtral au
moyen duquel des êtres sont personnifiés, ceci renvoyant aussi à un phénomène social
que l’anthropologie a décrit par ailleurs en divers points du globe).

À travers des discussions articulant philosophie et théologie, Boèce a donné la première
définition durable de la personne, qui est celle d’une substance (entité) individuelle
rationnelle, ce que Thomas d’Aquin interprétera aussi comme un être susceptible
d’action, entendu comme rationnel et singulier à ce titre. Substantialité, agentivité et
rationalité sont alors essentielles. La position de Descartes conduit quant à elle à nous
caractériser comme des entités pensantes d’emblée individuées, ici unies à un corps,
mais dont la nature est fondamentalement immatérielle. La notion de personne est
apparemment bien dépendante de celle de substance. Or cette dernière est une catégorie
controversée dont la critique rebat les cartes : sans elle, comment déterminer ce que nous
sommes et comment rendre compte de l’identité de la personne et de ses caractéristiques ?
Locke proposera une théorie influente de l’identité personnelle en mettant en avant la
continuité psychologique fondée sur la conscience et la mémoire, ce que Butler, Reid et Hume
critiqueront ou amenderont. Les positions originales de Derek Parfit conduisent quant à elles
à nier que les notions d’un moi personnel ou même de l’identité personnelles soient
véritablement ce qui importe.

Cela n’éclipse toutefois pas le besoin d’une ontologie personnelle, et semble même
montrer qu’en ces matières, elle est toujours présupposée. Que sommes-nous exactement ?
Des entités pensantes unifiées ? Ou des sortes de faisceaux de perceptions dont nous
construisons les relations, comme le pensait Hume ? Sommes-nous réductibles à notre
cerveau ? Ou n’y a t-il tout simplement pas de personne ici (nihilisme de la personne) ?

Outre ces questions, nous nous intéresserons aux deux conceptions contemporaines
principales qui reprennent le sujet et polarisent les débats. Celle de l’animalisme, qui se
concentre sur la continuité de l’animal(l’organisme) que nous sommes essentiellement,
qui a la propriété non-essentielle d’être une personne lors d’une certaine phase de son
existence. Et celle du constitutionnalisme, qui soutient que nous sommes bien essentiellement
des personnes, c’est-à-dire des êtres rationnels, conscients, et qui sont surtout capables
de former des perspectives sur eux-mêmes, mais qui sont constitués par leur corps entendu
comme organisme.

Des textes de référence seront communiqués, présentés et discutés.

 

0121xx Variété, pouvoirs et résistance de l’imagination

  • Dates des cours : 8janv-22janv-5févr-5mars-19mars-2avr
  • Heure de début du cours : 11:00
  • Heure de fin du cours : 13:00
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Bruno LANGLET


Bruno LANGLET

Que fait-on exactement lorsque l’on imagine ? Comment un tel acte se rapporte-t-il aux actes de concevoir, juger, percevoir, supposer, considérer, contempler, penser rationnellement et logiquement ? L’imagination est classiquement considérée comme une faculté mentale, mais elle peut aussi être appréhendée comme un ensemble d’attitudes mentales : la variété de cas où elle est à l’œuvre est si vaste que nous ne savons pas de prime abord si nous disposons d’un concept unifié à son propos.

Nous en faisons assurément un usage multiple : par exemple, en formant des représentations qui s’associent librement les unes aux autres comme dans une sorte de rêve éveillé, en combinant à volonté des représentations issues de données sensibles, en nous figurant des situations possibles, en l’associant à notre rationalité, en lui faisant combler les lacunes de la perception et des objets que celle-ci esquisse, en nous représentant ce que nous ne pouvons pas percevoir, en étendant de manière simulée notre vie perceptive (« voir » mentalement la pièce de l’autre côté du mur), en anticipant très précisément des évènements imminents ou nos propres actions, en lisant des romans ou en écoutant des récits et des contes, en appréciant des œuvres ou des performances artistiques, en offrant une face sensible aux concepts abstraits, en nous figurant des courbes traduisant des équations mathématiques, peut-être même en conversant de manière ordinaire avec autrui, en formant des expériences de pensée, en voyant quelque chose « comme » quelque chose, ou encore dans des situations d’empathie – cette liste n’est pas exhaustive. En quoi ces activités peuvent-elles être ramenées à une approche unifiée de l’imagination ? Savons-nous finalement ce qu’elle est exactement ? Ce sont des questions que la philosophie contemporaine renouvelle.

L’imagination, d’autre part, propose le vrai comme le faux, indifféremment ; elle invente certes, mais apporterait aussi largement son aide lors des quêtes de la connaissance. En quel sens ? Comment une faculté qui a parfois été dite « maîtresse d’erreur et de fausseté, d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours » (Pascal), peut-elle avoir un usage épistémique, servant à acquérir des connaissances, comme c’est le cas en science ? Par exemple, lorsqu’il s’agit d’envisager des possibilités vers lesquelles la raison rechigne d’abord à se tourner, mais aussi de forger certains types de modèles afin de rendre plus palpables des phénomènes qui, sans cela, resteraient irreprésentables ? Elle semble à la fois associable à des normes cognitives et épistémiques tout en tendant à les dépasser par ailleurs.

L’imagination passe enfin pour être la faculté la plus libre mais elle rencontre bien des limites : ainsi, mon imagination subit une résistance cognitive alors que je tente de former l’image, par exemple, d’une bouteille à la fois vide et pleine, ou d’une poire invisible, c’est-à-dire lorsque mes visées mentales requièrent d’articuler des propriétés logiquement incompatibles ou des impossibilités d’un certain ordre. De même lorsque je suis sujet à une résistance morale qui apparait à l’occasion de représentations de situations imaginées ou fictives contredisant fortement mes valeurs : je ne peux pas les « normaliser » en imagination ni atténuer la charge émotionnelle qui leur fait cortège. Cette incapacité à adapter mes pensées et croyances à des contenus pourtant fictionnels révèlerait la dépendance des pouvoirs conceptuels envers un ensemble de normes logiques, éthiques, esthétiques peut-être, et mon attachement à certaines valeurs.

Nous étudierons les conceptions classiques et contemporaines de cette faculté à la fois formidable et suspectée qu’est l’imagination, aussi bien relativement à des contextes ordinaires que scientifiques.

Des textes de référence seront distribués, lus et discutés en cours.

 

012220 Philosophie et Intuition – vers une intelligence sensible du monde et de nous-même –

  • Dates des cours : 27janv-3févr-10févr-10mars-17mars-24mars-7avr-14avr-5mai-12mai-19mai-26mai
  • Heure de début du cours : 16:00
  • Heure de fin du cours : 18:00
  • Jour du cours : Mercredi
  • Intervenant : Julie CLOAREC MICHAUD


Julie CLOAREC MICHAUD

Et si l’aptitude particulière qui nous définissait le plus en tant qu’être humain n’était pas tant l’intelligence, mais bien plutôt l’intuition ? Que notre intelligence ait pu faire de nous des êtres sachants, capables de calculs, analysant et maitrisant le monde et la nature qui nous entourent, nous donnant suffisamment de confiance, et de suffisance peut-être, pour penser de nous-mêmes que nous étions des êtres supérieurs grâce à cette intelligence, cela fut longtemps notre croyance, et sans doute, cela l’est encore pour partie (tant il est difficile de se défaire de nos représentations habituelles). Mais ne serait-il pas temps, peut-être, d’admettre notre erreur ? Et si ce qui nous donnait notre pleine humanité, dans toute sa puissance, n’était pas cette intelligence analytique mais notre intuition sensible ?

Souvent reléguée au second plan, comme une faculté plus faible, moins rigoureuse, l’intuition a longtemps été perçue comme une sous-intelligence, une aptitude sensible, servant, comme complément à l’intelligence, à discerner de manière plus ou moins précise des détails qui nous entourent. Et si nous nous étions trompé d’échelle ? Et si l’intuition était, au contraire, notre faculté à percevoir, non pas les détails, mais l’ensemble du monde ? Et si, par voie de conséquence, l’intelligence n’était rien d’autre qu’une faculté secondaire qui, seulement une fois entrainée, peut alors s’appliquer sur des détails du monde, extraits de manière abstraite de la perception générale et intuitive que nous en avons ? L’intuition passerait alors au premier plan et elle définirait notre premier et réel rapport au monde.

            Ce cours propose d’explorer cette idée d’une intuition sensible comme puissance première dans notre manière de comprendre le monde et nous-même au travers de différents domaines philosophiques allant de l’art à la science (en suivant notamment la citation d’Einstein sur l’intuition affirmant que « c’est la seul chose qui vaille au monde ! »), et en s’autorisant à faire dialoguer entre eux des philosophes de diverses époques.

 

QUELQUES PHILOSOPHES ET THÈMES ABORDÉS

– La philosophie de H. Bergson : la remise en question de la suprématie de l’intelligence, la métaphysique, la notion de durée.

– Le rapport direct de l’homme à la nature chez R. W. Emerson et les transcendentalistes américains.

– L’implication de l’intuition dans l’élaboration de la théorie de la relativité par Einstein.

– L’approche poétique du savoir scientifique chez Bachelard.

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

BACHELARD (Gaston), La Psychanalyse du feu, Paris, Gallimard, 1938.

BACHELARD (Gaston), L’Eau et les rêves : essai sur l’imagination de la matière, Paris, Éditions José Corti, 1943.

BACHELARD (Gaston), La Formation de l’esprit scientifique, Paris, Vrin, 1938.

BERGSON (Henri), Le Rêve, Paris, Editions Payot & Rivages, 2012.

BERGSON (Henri), L’évolution créatrice, Paris, Quadrige/PUF, 2007.

BERGSON (Henri), La Pensée et le mouvant, Paris, Quadrige/PUF, 1999.

COLERIDGE (Samuel Taylor), Biographia Literaria Biographical Sketches of my Literary Life & Opinions, Chapter XIV, Princeton, Princeton University Press, 1817, reprinted 1987.

DUHEM (Pierre), Sauver les apparences – sur la notion de théorie physique, Paris, Vrin, 2003.

EMERSON (Ralph Waldo), Essais, traduction et avant-propos Anne Wicke, Michel Houdiard Éditeur, Paris, 2005.

GADAMER (Hans Georg), Vérité et méthode, II. L’ontologie de l’œuvre d’art et sa signification herméneutique, traduction P. Fruchon, G. Merlio et J. Grondin, Paris, Editions du Seuil, 1996.

KANT (Emmanuel), Critique de la raison pure, traduction A. Renaut, Paris, GF-Flammarion, 2006.

MERLEAU-PONTY Maurice, Le visi­ble et l’invi­si­ble, Gallimard, Tel, Paris, 1996.

MERLEAU-PONTY, Maurice, L’œil et l’esprit, Gallimard, Folio/Essais, Paris, 2002.

NIETZSCHE (Friedrich), Le Gai savoir, traduction P. Wolting, Paris, GF-Flammarion, 2000.

NIETZSCHE (Friedrich), Le Livre du philosophe, « Introduction théorétique sur la vérité et le mensonge au sens extra-moral », traduction A. K. Marietti, Paris, Aubier Flammarion, 1969.

POPPER (Karl), La connaissance objective, traduction J.-J. Rosat, Paris, coll. « Champs », Flammarion, 1999.

POPPER (Karl), La logique de la découverte scientifique, traduction F. Rivenc, Paris, Payot, 2007.

RICŒUR (Paul), La Métaphore vive, Paris, Éditions du Seuil, 1975.

RICŒUR (Paul), Temps et récit, Paris, Éditions du Seuil, 1983.

SARTRE, Jean-Paul, L’ima­gi­naire : psy­cho­lo­gie phé­no­mé­no­lo­gi­que de l’ima­gi­na­tion, Paris, coll. « Folio. Essais », Gallimard, 1986.

 

Julie Cloarec-Michaud mène une carrière à la fois dans le domaine artistique et philosophique. Danseuse professionnelle et assistante chorégraphe, elle est également docteur en philosophie (Paris I Panthéon-Sorbonne. Thèse soutenue en 2023 sous la direction de Michel Bitbol intitulée : « fiction et connaissance : du théâtre à la physique, l’esthétique et les sciences du point de vue de l’acteur. Vers une philosophie de l’absurde »). Elle donne des cours et conférences à Nantes, à l’Université ainsi qu’à l’École Normale Supérieure d’Architecture.

012227 Simone de Beauvoir, existentialisme, féminisme et débats contemporains

  • Dates des cours : 3févr-10févr-17févr-10mars-17mars-24mars
  • Heure de début du cours : 16:30
  • Heure de fin du cours : 18:30
  • Jour du cours : Mercredi
  • Intervenant : Céline BELLOQ


Céline BELLOQ

Nous partirons de la figure intellectuelle de Simone de Beauvoir et nous nous demanderons ce que doit sa conception du féminisme à la philosophie existentialiste, et comment elle rentre en discussion avec la conception existentialiste de l’humain. Ce sera l’occasion d’une exploration tant du féminisme que de l’existentialisme.
Nous verrons aussi l’importance de l’héritage de Simone de Beauvoir dans les questionnements actuels sur les formes invisibilisées d’oppression dans le champ politique : la question de la déconstruction de l’identité de genre, les débats contemporains autour du consentement, de la soumission et de l’émancipation, et enfin l’oubli de la place de la nature.
Ce cours se construira à partir d’apports doctrinaux fondamentaux sur les questions traitées ainsi qu’autour d’un problème à résoudre, ce, afin d’engager le plus possible la réflexion et la participation à la discussion de ses participants.

Aucune connaissance philosophique préalable n’est requise, car ce sera l’opportunité de s’initier.

Céline Belloq est professeure agrégée de philosophie, toujours en activité. Elle est formatrice académique, et a écrit trois essais philosophiques.