012220 Philosophie et Intuition – vers une intelligence sensible du monde et de nous-même –

  • Dates des cours : 27janv-3févr-10févr-10mars-17mars-24mars-7avr-14avr-5mai-12mai-19mai-26mai
  • Heure de début du cours : 16:00
  • Heure de fin du cours : 18:00
  • Jour du cours : Mercredi
  • Intervenant : Julie CLOAREC MICHAUD


Julie CLOAREC MICHAUD

Et si l’aptitude particulière qui nous définissait le plus en tant qu’être humain n’était pas tant l’intelligence, mais bien plutôt l’intuition ? Que notre intelligence ait pu faire de nous des êtres sachants, capables de calculs, analysant et maitrisant le monde et la nature qui nous entourent, nous donnant suffisamment de confiance, et de suffisance peut-être, pour penser de nous-mêmes que nous étions des êtres supérieurs grâce à cette intelligence, cela fut longtemps notre croyance, et sans doute, cela l’est encore pour partie (tant il est difficile de se défaire de nos représentations habituelles). Mais ne serait-il pas temps, peut-être, d’admettre notre erreur ? Et si ce qui nous donnait notre pleine humanité, dans toute sa puissance, n’était pas cette intelligence analytique mais notre intuition sensible ?

Souvent reléguée au second plan, comme une faculté plus faible, moins rigoureuse, l’intuition a longtemps été perçue comme une sous-intelligence, une aptitude sensible, servant, comme complément à l’intelligence, à discerner de manière plus ou moins précise des détails qui nous entourent. Et si nous nous étions trompé d’échelle ? Et si l’intuition était, au contraire, notre faculté à percevoir, non pas les détails, mais l’ensemble du monde ? Et si, par voie de conséquence, l’intelligence n’était rien d’autre qu’une faculté secondaire qui, seulement une fois entrainée, peut alors s’appliquer sur des détails du monde, extraits de manière abstraite de la perception générale et intuitive que nous en avons ? L’intuition passerait alors au premier plan et elle définirait notre premier et réel rapport au monde.

            Ce cours propose d’explorer cette idée d’une intuition sensible comme puissance première dans notre manière de comprendre le monde et nous-même au travers de différents domaines philosophiques allant de l’art à la science (en suivant notamment la citation d’Einstein sur l’intuition affirmant que « c’est la seul chose qui vaille au monde ! »), et en s’autorisant à faire dialoguer entre eux des philosophes de diverses époques.

 

QUELQUES PHILOSOPHES ET THÈMES ABORDÉS

– La philosophie de H. Bergson : la remise en question de la suprématie de l’intelligence, la métaphysique, la notion de durée.

– Le rapport direct de l’homme à la nature chez R. W. Emerson et les transcendentalistes américains.

– L’implication de l’intuition dans l’élaboration de la théorie de la relativité par Einstein.

– L’approche poétique du savoir scientifique chez Bachelard.

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

BACHELARD (Gaston), La Psychanalyse du feu, Paris, Gallimard, 1938.

BACHELARD (Gaston), L’Eau et les rêves : essai sur l’imagination de la matière, Paris, Éditions José Corti, 1943.

BACHELARD (Gaston), La Formation de l’esprit scientifique, Paris, Vrin, 1938.

BERGSON (Henri), Le Rêve, Paris, Editions Payot & Rivages, 2012.

BERGSON (Henri), L’évolution créatrice, Paris, Quadrige/PUF, 2007.

BERGSON (Henri), La Pensée et le mouvant, Paris, Quadrige/PUF, 1999.

COLERIDGE (Samuel Taylor), Biographia Literaria Biographical Sketches of my Literary Life & Opinions, Chapter XIV, Princeton, Princeton University Press, 1817, reprinted 1987.

DUHEM (Pierre), Sauver les apparences – sur la notion de théorie physique, Paris, Vrin, 2003.

EMERSON (Ralph Waldo), Essais, traduction et avant-propos Anne Wicke, Michel Houdiard Éditeur, Paris, 2005.

GADAMER (Hans Georg), Vérité et méthode, II. L’ontologie de l’œuvre d’art et sa signification herméneutique, traduction P. Fruchon, G. Merlio et J. Grondin, Paris, Editions du Seuil, 1996.

KANT (Emmanuel), Critique de la raison pure, traduction A. Renaut, Paris, GF-Flammarion, 2006.

MERLEAU-PONTY Maurice, Le visi­ble et l’invi­si­ble, Gallimard, Tel, Paris, 1996.

MERLEAU-PONTY, Maurice, L’œil et l’esprit, Gallimard, Folio/Essais, Paris, 2002.

NIETZSCHE (Friedrich), Le Gai savoir, traduction P. Wolting, Paris, GF-Flammarion, 2000.

NIETZSCHE (Friedrich), Le Livre du philosophe, « Introduction théorétique sur la vérité et le mensonge au sens extra-moral », traduction A. K. Marietti, Paris, Aubier Flammarion, 1969.

POPPER (Karl), La connaissance objective, traduction J.-J. Rosat, Paris, coll. « Champs », Flammarion, 1999.

POPPER (Karl), La logique de la découverte scientifique, traduction F. Rivenc, Paris, Payot, 2007.

RICŒUR (Paul), La Métaphore vive, Paris, Éditions du Seuil, 1975.

RICŒUR (Paul), Temps et récit, Paris, Éditions du Seuil, 1983.

SARTRE, Jean-Paul, L’ima­gi­naire : psy­cho­lo­gie phé­no­mé­no­lo­gi­que de l’ima­gi­na­tion, Paris, coll. « Folio. Essais », Gallimard, 1986.

 

Julie Cloarec-Michaud mène une carrière à la fois dans le domaine artistique et philosophique. Danseuse professionnelle et assistante chorégraphe, elle est également docteur en philosophie (Paris I Panthéon-Sorbonne. Thèse soutenue en 2023 sous la direction de Michel Bitbol intitulée : « fiction et connaissance : du théâtre à la physique, l’esthétique et les sciences du point de vue de l’acteur. Vers une philosophie de l’absurde »). Elle donne des cours et conférences à Nantes, à l’Université ainsi qu’à l’École Normale Supérieure d’Architecture.