021803 Relations internationales : vers un nouvel ordre mondial ?

  • Dates des cours : 29sept-6oct-13oct-10nov-17nov-24nov-8déc-15déc-12janv-19janv-26janv-2févr
  • Heure de début du cours : 16:00
  • Heure de fin du cours : 18:00
  • Jour du cours : Mardi
  • Intervenant : Dominique COMELLI


Dominique COMELLI

Pendant plusieurs siècles, faire de l’histoire, c’était faire l’histoire des relations internationales, c’est-à-dire l’histoire des guerres et des conquérants (surtout) et de la diplomatie (souvent réduite aux traités d’alliance et aux conclusions des guerres). Histoire nationale, histoire des sociétés, histoire culturelle etc.. ne sont arrivées qu’au XIXe siècle.

Si l’histoire des relations internationales a perdu son monopole, elle reste quand même très présente, que ce soit dans la recherche universitaire ou, surtout, dans les médias et la culture générale.

Le cours de cette année retracera rapidement les bases des relations internationales, longtemps réduites à l’histoire des relations entre grandes puissances européennes, en partant du traité fondateur de Westphalie et de la construction progressive d’un droit international gérant ces relations. Nous aborderons la manière dont, après 14-18 et surtout après la seconde guerre mondiale, des institutions internationales ont été mises en place pour tenter de réguler ces relations, en tentant d’éviter le recours à la guerre. Nous verrons ensuite le cadre de la guerre froide, qui est aussi celui des évolutions des doctrines militaires pour gérer l’arme nucléaire, avec l’intervention progressive d’un nouvel acteur : l’opinion publique. Après la tentation et tentative d’un monde unipolaire , après 1991, nous ferons le tour de l’état actuel : ordre ou désordre international ? et nous travaillerons sur quelques « nœuds » et abcès de fixation des relations internationales : le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Europe sans oublier les questions qui concernent toute l’humanité : le changement climatique, la possession de l’espace, la question du développement, avec les tensions entre la nécessaire coopération mondiale et la puissance des égoïsmes nationaux.

 

Dominique Comelli spécialiste de l’histoire romaine,  a consacré sa thèse au traitement de l’Antiquité dans la littérature jeunesse. Elle a enseigné l’Histoire au lycée expérimental de Saint-Nazaire et a écrit de nombreux articles sur l’enseignement et la littérature jeunesse. Elle est aussi l’auteur d’un essai : « Comment on enseigne l’histoire à nos enfants », publié chez Atalante en 2001. « Les esclaves de Rome », paru chez Milan Jeunesse est son premier roman.

 

S'inscrire

021804 Histoire mythique des USA

  • Dates des cours : 18nov-2déc-16déc-13janv-27janv-10févr-10mars-24mars
  • Heure de début du cours : 10:30
  • Heure de fin du cours : 12:00
  • Jour du cours : Mercredi
  • Intervenant : Lauric GUILLAUD


Lauric GUILLAUD

Pourquoi un président sans religion est-il aujourd’hui soutenu par 80 % des églises évangéliques ? Alors que continue de déferler aux USA une vague conservatrice, politique et religieuse, et que l’Europe regarde, sidérée, le « triomphe » de Donald Trump, une constante se fait jour dans la civilisation américaine : l’omniprésence du mythe ou de la croyance, qu’elle soit celle du mainstream (majoritaire) ou celle des groupes sectaires ou utopiques.

Croyant ou incroyant — c’est beaucoup plus rare —, l’Américain trouve naturel de croire à la « destinée » supposée « manifeste » du peuple américain (l’exceptionnalisme) et de se situer par rapport à Dieu, à l’Église, à la religion. Les hommes politiques le savent bien, qui font constamment référence au Créateur par-delà les dénominations religieuses. En dépit du phénomène de sécularisation, les États-Unis restent la nation la plus religieuse du monde occidental. D’où vient cette imprégnation religieuse dans un pays où plus de neuf personnes sur dix proclament leur foi en Dieu, où quatre Américains sur dix affirment avoir communiqué avec les morts, tandis qu’entre 5 à 6 % de la population prétend avoir été enlevée par des extraterrestres ? Cette foi plurielle relève-t-elle du délire, ou présente-t-elle une cohérence au fil des siècles ?

Où va l’Amérique, au moment où son image traditionnelle — l’espoir du monde, la nation élue, le nouvel Israël — est fracassée, dans une atmosphère d’apocalypse (L’Amérique qui tombe, la fin du mythe de l’unité nationale, l’avenir à reculons). « Cette nation qui n’en finit pas de naître » (D. Lacorne) et qui est « vouée à se réinventer » (S. Marche) pourra-t-elle poursuivre sa mission mythique, telle « une ville de lumière au sommet d’une colline ». Ces questions imposent un retour en arrière qui couvrira plus de 300 ans d’histoire en insistant plus particulièrement sur quatre points : « L’invention du Nouveau Monde », « L’Amérique maçonnique », « L’Amérique sectaire et utopique » et la « Destinée Manifeste ».

Niveau de connaissance : culture générale

PLAN DU COURS

  • 1 – Introduction : les origines mythiques de l’Amérique du Nord. Comment peut-on parler d’une histoire « cachée » de l’Amérique du Nord ? Qui a réellement découvert l’Amérique ? Les racines de l’exceptionnalisme américain.
  • 2 – L’invention du Nouveau Monde. L’imaginaire américain et le mythe du « Nouveau Monde ». Le mythe de la Cité sur la Colline. La colonie de Jamestown  : du paradis à l’enfer. La véritable histoire de Pocahontas .
  • 3 – L’Amérique maçonnique. Sectes et sociétés secrètes. Le rôle de la franc-maçonnerie durant la Révolution américaine. Le Hell Fire Club (XVIII e et XIXe siècles).
  • 4 – L’Amérique sectaire et utopique. Les racines utopiques de l’Amérique du Nord (XVIIe siècle) de Thomas More aux communautés religieuses et socialistes. La chute de la maison puritaine.
  • 5 – La conquête de l’Ouest et le mythe de la « Destinée Manifeste » du peuple américain. Le sursaut spirituel des Amérindiens (XIXe siècle).
  • 6 – Où va l’Amérique ? Conspirationnisme et paranoïa (XXe et XXIe siècles).

Ouvrage de base :

    • Guillaud, Histoire mythique de l’Amérique, Cadillon, Le Visage vert, 2023

S'inscrire

021809 Histoire du Japon

  • Dates des cours : 30sept-7oct-14oct-4nov-18nov-25nov-2déc-9déc-16déc-6janv-13janv-20janv
  • Heure de début du cours : 14:00
  • Heure de fin du cours : 16:00
  • Jour du cours : Mercredi
  • Intervenant : Catherine POMEYROLS


Catherine POMEYROLS

Ce cours étudie le Japon de la période Edo (à partir de 1603), puis la période Meiji (1868-1912) période fondatrice du « Japon moderne », jusqu’à la Seconde Guerre mondiale ; toutes les thématiques seront abordées : histoire politique, relations internationales, histoire culturelle, économique et sociale.
Les grands traits de la civilisation et de l’histoire des périodes plus anciennes, utiles pour comprendre la période, seront présentés également sous forme de flash-back clairement identifiés.

Ce cours abordera autant que nécessaire l’histoire du Japon dans son aire régionale (Chine notamment) ; une attention particulière sera prêtée aux relations avec la France et aussi avec les pays européens, notamment à travers l’étude des arts et du japonisme.

Vous pouvez déjà consulter l’ouvrage de SOUYRI Pierre-François, Samuraï. 1000 ans d’histoire du Japon, Nantes, Château des ducs-PUR, 2014 [+ présentation de l’Exposition 28 juin – 29 novembre 2014, sur le site internet du Château] pour commencer.

S'inscrire

021825 Vie et déclin des Empires dans le monde islamique VII-XXe siècle

  • Dates des cours : 30sept-7oct-14oct-4nov-18nov-25nov-2déc-9déc-16déc-6janv-13janv-20janv
  • Heure de début du cours : 10:00
  • Heure de fin du cours : 12:00
  • Jour du cours : Mercredi
  • Intervenant : Alain MIOSSEC


Alain MIOSSEC

Comment naît un empire, en combien de temps décline-t-il jusqu’à disparaître ? Empire Omméyade qui cependant n’est pas né de rien et qui mit plus de temps qu’on ne croit à être dit « islamique ». Empire Abbasside et tout autant Empire arabe, Empire Mongol puis Empire Ottoman ; Empire mongol. Empire turc – dont Mustafa Kémal proclama la fin en 1922. Empire Mongol pour un temps maître d’un très vaste espace.

Un Empire est un agglomérat de territoires que l’on assemble et qui se dispersent avant que de se recomposer, sous d’autre formes et avec d’autres dirigeants. Un Empire est un vaste espace, hétérogène dans ses composantes (la terre et les hommes), inscrit dans un temps long qu’il faut comprendre en évitant les jugements souvent anachroniques portés aujourd’hui.

Ce cours, en partie inspiré de la lecture du grand historien et sociologue Ibn Kaldoun (une théorie de l’Histoire en son temps) est une réflexion sur l’Espace et le Temps et… sur la place de l’Islam, en fil rouge…

S'inscrire

021826 Émergence des Nations, montée de l’Islam radical (1922-2026)

  • Dates des cours : 1oct-8oct-15oct-5nov-12nov-19nov-26nov-3déc-10déc-17déc-7janv-14janv
  • Heure de début du cours : 10:00
  • Heure de fin du cours : 12:00
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Alain MIOSSEC


Alain MIOSSEC

La disparition en 1922 de l’Empire Ottoman ouvre sur un XXe siècle plein de bruit et de fureur. Émergence des Nations, montée de l’Islam radical (1922-2026)

La fin de la guerre de 14-18 voit en Orient, la disparition de l’empire Ottoman (1922). Un Etat turc naît dans la turbulence, nationaliste et épurateur dans la continuité des politiques élaborées par le mouvement « jeune Turc. Cette naissance signe aussi les incertitudes dans le monde arabe : quel destin ? Une « unité » réclamée dans le contexte des mandats de la SDN mais avec quels découpages, quand l’Islam, facteur possible d’unité est partagé, entre obédiences (Sunnites, Chiites… salafistes derrière l’Arabie Saoudite…). Les frères musulmans naissent et se développent de manière plus ou moins clandestine et leur influence est croissante. Longue histoire dans le siècle, histoire complexe et compliquée fortement marquée par l’implantation de populations juives en Palestine. Les massacres récents perpétués par le Hamas en sont le lointain écho. C’est cette histoire changeante qu’entend aborder ce cours car rien n’est réglé. L’Iran (la République islamique) qui a en partie perdu l’appui du Hezbolllah au Liban et des Houthis au Yemen occupe encore une place déterminante dans la géopolitique locale et internationale.

 

S'inscrire

021910 L’histoire de l’alimentation

  • Dates des cours : 28sept-5oct-12oct-9nov-16nov-23nov-7déc-14déc-11janv-18janv-25janv-1févr
  • Heure de début du cours : 14:00
  • Heure de fin du cours : 16:00
  • Jour du cours : Lundi
  • Intervenant : Dominique COMELLI


Dominique COMELLI

Histoire de l’alimentation ? Au premier abord, cela parait une question simple et réduite. Et pourtant, c’est un cours dont les étudiants qui l’ont suivi disent qu’ils ne pensaient pas que cela pouvait être si riche et passionnant. Car parler de l’alimentation, c’est parler d’énormément de choses. L’alimentation, c’est le besoin premier de l’être humain, et donc aussi celui auquel sont attachés le plus d’enjeux, pas seulement économiques et techniques.

Parler d’alimentation, c’est d’abord parler de nos besoins biologiques, et du fonctionnement de notre corps, sans entrer bien sûr plus loin : ce n’est pas un cours de biologie, ni de nutrition. Et donc forcément parler de nos ancêtres, qui nous ont légué un fonctionnement biologique de chasseurs-cueilleurs.

C’est parler de nos ressources alimentaires, et de la manière dont on les obtient, et donc de progrès agricoles, de modèles économiques, entre bio et agriculture productiviste, mais aussi de géopolitiques : la guerre et la puissance ont toujours été utilisées pour se procurer des ressources alimentaires, depuis la Préhistoire.

C’est parler de la mise en œuvre de ces ressources, et donc parler cuisine, organisation des repas, présentation des mets, et donc parler des plaisirs gustatifs.

C’est aussi présenter toute la symbolique culturelle, religieuse, autour de la nourriture.

Des enjeux donc communs à l’Humanité mais auxquels chaque société a répondu différemment.

Mais aussi des enjeux qui se posent de manière nouvelle maintenant, à une échelle élargie par la mondialisation de la production alimentaire mais aussi de la consommation , mais aussi par le rapport différent à l’acte de se nourrir dans nos sociétés contemporaines.

Le cours commencera donc d’abord par une histoire de l’alimentation et de ses enjeux, (et de ses cuisines) que ce soit dans la Préhistoire, à Rome, dans le monde juif et arabe, puis au Moyen Age occidental, à la cour de Louis XIV…, avant d’aborder le monde moderne, ses découvertes et la mondialisation, les enjeux actuels et ceux du futur, pour terminer par quelques cuisines étrangères.

 

Dominique Comelli spécialiste de l’histoire romaine,  a consacré sa thèse au traitement de l’Antiquité dans la littérature jeunesse. Elle a enseigné l’Histoire au lycée expérimental de Saint-Nazaire et a écrit de nombreux articles sur l’enseignement et la littérature jeunesse. Elle est aussi l’auteur d’un essai : « Comment on enseigne l’histoire à nos enfants », publié chez Atalante en 2001. « Les esclaves de Rome », paru chez Milan Jeunesse est son premier roman.

 

S'inscrire

021920 Les sept merveilles du monde, mythe et réalité de l’art antique

  • Dates des cours : 7oct-4nov-25nov-9déc-6janv-20janv-3févr-17févr-17mars-31mars-14avr-12mai
  • Heure de début du cours : 10:00
  • Heure de fin du cours : 12:00
  • Jour du cours : Mercredi
  • Intervenant : Thierry PIEL


Thierry PIEL

La liste des sept merveilles du monde la plus communément admise – grandes pyramides, temple d’Artémis d’Éphèse, phare d’Alexandrie, jardins suspendus de Babylone, colosse de Rhodes, statue de Zeus à Olympie et mausolée d’Halicarnasse – n’est en fait qu’une liste parmi de nombreuses autres élaborées depuis l’Antiquité mais elle est, à n’en pas douter, la plus célèbre. Ces listes ressortent à un lieu commun, celui des spectacula pour les Romains ou des théamata pour les Grecs, c’est-à-dire des réalisations exceptionnelles du genre humain qui suscitèrent l’étonnement chez les Anciens.

Après avoir abordé les conditions historiques qui ont abouti à l’établissement de la liste des sept merveilles, nous envisagerons la genèse et l’histoire de ces réalisations hors normes ainsi que les avatars auxquels ces monuments et statues donnèrent lieu depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

 

S'inscrire

021930 Au cœur des Balkans Histoire et Histoire des arts de la Macédoine d’Alexandre Le Grand aux guerres balkaniques IVe s. av. J.-C. – XXe s. ap. J.-C.

  • Dates des cours : 30sept-14oct-18nov-2déc-16déc-13janv-27janv-10févr-10mars-24mars-7avr-5mai
  • Heure de début du cours : 10:00
  • Heure de fin du cours : 12:00
  • Jour du cours : Mercredi
  • Intervenant : Thierry PIEL


Thierry PIEL

Situé aux confins du monde grec antique, le royaume de Macédoine gouverné par la dynastie des Argéades se tint longtemps à l’écart des grandes évolutions diplomatiques et militaires de l’aire méditerranéenne pâtissant en outre de l’inamicale pression de ses voisins septentrionaux thraces et illyriens. L’accession au trône de Philippe II en 359 av. J.-C. constitue un tournant historique capital pour le royaume amplifié par l’épopée conquérante de son fils Alexandre le Grand. L’exhumation en 1977 par l’archéologue Manolis Andrinokos de la riche tombe dite de Philippe II à Vergina vint confirmer le bond en avant que connaît alors la culture matérielle de la Macédoine.

Aux temps hellénistiques, la Macédoine sur laquelle veille la dynastie des Antigonides se taille une place importante dans les affaires du bassin égéen et ce jusqu’à ce que Rome s’impose à l’issue de la Troisième guerre de Macédoine en 168 av. J.-C. Devenue une province romaine, les villes de Macédoine se couvrent de monuments publics prestigieux ce dont témoignent encore les imposants vestiges de Philippes.

Avec la conversion chrétienne de l’Empire romain, églises et monastères apparaissent en nombre sur le sol macédonien tout au long de son histoire byzantine. Le grand port de Thessalonique, seconde ville de l’Empire constitue un foyer artistique byzantin exceptionnel jusqu’à ce que les Turcs s’en emparent en 1430. Plus au nord, les migrations slaves s’étaient conclues par la fondation d’un État bulgare dont les souverains passés au christianisme encouragèrent la fondation de monastères qui conservent de très belles fresques. Le site enchanteur d’Orhid, promu capitale politique et religieuse par le tsar bulgare Samuel en 969, conserve ainsi un exceptionnel patrimoine religieux qui lui a valu un classement au patrimoine mondial par l’UNESCO.

À l’issue des Guerres balkaniques de 1912-1913, après une occupation turque pluriséculaire, l’antique Macédoine sera partagée lors du traité de Bucarest entre Grecs, Serbes et Bulgares.

S'inscrire

021940 Le conspirationnisme : des origines au 11 septembre 2001

  • Dates des cours : 25nov-9déc-6janv-20janv-3févr-17févr-17mars-1avr
  • Heure de début du cours : 10:30
  • Heure de fin du cours : 12:00
  • Jour du cours : Mercredi
  • Intervenant : Lauric GUILLAUD


Lauric GUILLAUD

Le conspirationnisme fait aujourd’hui des ravages dans le monde entier. Cette vision du monde affirme que le cours de l’histoire est en réalité provoqué par l’action secrète d’un groupe d’hommes désireux de réaliser un projet de contrôle et de domination des populations. Les tenants du « complotisme » – le terme date de la fin des années 2010 – opposent un scénario fantasmatique dont le motif narratif est toujours le même : il faut démasquer les coupables et les accuser publiquement afin de contrecarrer leurs projets liberticides. En fait, ce phénomène n’est guère nouveau. Historiquement, nombre de rumeurs populaires ciblent des groupes minoritaires, tels les Juifs, accusés depuis le XIIe siècle, ou les Templiers au XIVe. Mais on assiste à un tournant au XVIIIe siècle quand le siècle des Lumières voit une explosion de la peur complotiste avec la Révolution. Au sein d’une « communauté émotionnelle » (B. Rosenwein) se développent la peur, le soupçon et la colère des masses qui feront le lit de la Terreur.

Outre la France révolutionnaire, nous nous intéresserons à un pays, les USA, qui, depuis ses commencements, fait face à plusieurs vagues complotistes. Comme l’a montré Richard Hofstadter, l’Amérique est aux griffes d’un vaste complot, perçu comme la « force motrice de l’histoire », qui, dans l’ombre, travaille à sa destruction. La liste est longue, depuis l’affaire de Salem, le « complot » des Illuminés, celui des francs-maçons et des jésuites, celui des Rouges qui se seraient infiltrés dans les places-fortes de Washington, jusqu’à l’assassinat de John Kennedy le 22 novembre 1963. La crainte paranoïde du complot atteindra son paroxysme avec l’attaque terroriste du 11 septembre. L’Amérique serait-elle vouée à une « Culture de la conspiration » (Michael Barkun) ? C’est possible car on parle de « conspirocratie » aux XXe et XXIe siècles, quand les Américains découvrent que les complots sont bien réels : assassinats inexpliqués, Nixon et le Watergate, pseudo-armes de destruction massive sous Bush junior, etc. Peu à peu, on place la conspiration au centre du discours politique en recherchant des réponses à l’inexpliqué. Au bout du compte, il n’y a plus de systèmes clairs de catégorisation du réel. Les conspirations s’interpénètrent dans des nébuleuses hétérogènes où se mêlent culture populaire, science-fiction (ufologie), radicalisme politique, bricolage religieux, croyances substitutives, extrême-droite et racialisme.

Pour des millions d’Américains, il va de soi que le gouvernement américain cache la vérité à la population. La science-fiction est devenue un révélateur de secrets d’Etat, et le « complotomane » est décidément voué à un décodage interminable dans le « domaine du savoir stigmatisé » (Barkun), c’est-à-dire le paranormal, les thèses du New Age, la pseudo-science ou toute sorte de révisionnisme historique. La puissante imagerie apocalyptique des attentats du 11 septembre 2001 va permettre aux millénaristes de développer leurs thèses eschatologiques. Dorénavant, les conspirateurs ne sont plus seulement les jésuites ou les maçons mais les autorités mêmes, gouvernants invisibles et autres maîtres cachés. Assisterions-nous aujourd’hui à une revanche du sacré (un « nouvel invisible ») ou à une « défaite des Lumières » (Taguieff) ? Vivons-nous « l’Age d’or de la théorie conspirationniste » (Uscinski) ? Qu’en sera-t-il demain ?

Parallèlement aux développements dans l’histoire ou l’actualité, il s’agira d’évoquer le fonctionnement de la pensée conspirationniste : maîtrise imaginaire de l’histoire, contrôle illusoire de la réalité, volontés cachées, vision policière des événements, décryptage à l’infini, hypercritique du savoir « officiel », résonances dans la fiction, rôle de la propagande, délégitimation de l’autorité, surméfiance générale, désenchantement du monde, demande de surnaturel, révolte contre le monde moderne, tentation nihiliste, etc.

Plan du cours :

  • 1 – Les origines (Le XVIIIe siècle, la Révolution française).
  • 2 – La paranoïa américaine (XVIIe-XVIIIe siècle, Salem, l’antimaçonnisme, les Illuminés).
  • 3 – Les XIXe siècle (L’affaire Morgan, l’anticatholicisme).
  • 4 – Les XXe et XXIe siècles (le maccarthisme, Kennedy, Nixon et le Watergate, le 11 septembre, l’ufologie).
  • 5 – Conclusion.

Niveau de connaissance requis : culture générale

Bibliographie (non exhaustive)

  • Michael Barkun, A Culture of Conspiracy, Berkeley, University of California Press, 2013.
  • Laurent Bazin et Pierre-Henri TavoillotTous paranos ? Pourquoi nous aimons tant les complots, La Tour-d’Aigues, Éd. de l’Aube, coll. « Monde en cours », 2012.
  • Luc BoltanskiÉnigmes et complots : Une enquête à propos d’enquêtes, Paris, Gallimard, 2012.
  • Gérald BronnerLa démocratie des crédules, Paris, Presses universitaires de France, 2013.
  • Véronique Campion-Vincent, La Société parano. Théories du complot, menaces et incertitudes, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 2007.
  • Christian Chelebourg, Antoine Faivre (dir.), SECRETS, COMPLOTS, CONSPIRATIONS, Actes du Colloque de Cerisy 2016, Le Visage vert, 2021.
  • Lauric Guillaud, La Terreur et le sacré, Paris, Michel Houdiard, 2021.
  • Lauric Guillaud et Philippe Marlin, Le Polar ésotérique, Paris, L’œil du Sphinx, 2016.
  • R. Hofstadter, The Paranoid style in American politics and Other Essays, New York, Knopf, 1965 ; Le style paranoïaque: Théories du complot et droite radicale en Amérique, Réédition, Les Pérégrines, 2012.
  • Raphaël Josset, Complosphère, l’esprit conspirationniste à l’ère des réseaux, Paris, Lemieux éditeur, 2015.
  • Emmanuel Kreis (éd.), Les puissances de l’ombre : la théorie du complot dans les textes, Paris, CNRS Éditions, coll. « Biblis », 2012.
  • Lance deHaven-Smith, Conspiracy Theory in America, Austin, University of Texas, 2013.
  • Tim Melley, Empire of conspiracy, Ithaca & London, Cornell University Press, 2000.
  • Pierre-André Taguieff,  La foire aux illuminés. Ésotérisme, théorie du complot, extrémisme, Paris, Mille et Une Nuits, 2005, L’imaginaire du complot mondial, Paris, Payot, 2006.
  • E. Uscinski & J. M. Parent, American Conspiracy Theories, OUP USA, 2014.

 

S'inscrire

021950 Histoire et chansons françaises

  • Dates des cours : 30nov-14déc-11janv-8févr-8mars-5avr
  • Heure de début du cours : 14:00
  • Heure de fin du cours : 16:00
  • Jour du cours : Lundi
  • Intervenant : Jean GUIFFAN


Jean GUIFFAN

La chanson française de 1972 à 1977

          Bien que de plus en plus concurrencée par les importations anglo-américaines, la chanson française résiste d’autant mieux qu’aux grandes vedettes du tout début des années 1970 s’ajoutent Maxime Le Forestier, Michel Delpech, Michel Polnareff, Alain Souchon  et un tout nouveau venu en 1977, Renaud.

Après une courte présentation des principaux événements chaque année étudiée, les participants sont appelés à interpréter les chansons dont le texte leur sera envoyé peu avant, l’historien les accompagnant alors au piano.

 

S'inscrire