012xxx Éros philosophe

  • Dates des cours : 5nov-12nov-19nov-26nov-3déc-10déc-17déc-7janv-14janv-21janv-28janv-4févr
  • Heure de début du cours : 13:45
  • Heure de fin du cours : 15:45
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Gerhardt STENGER


Gerhardt STENGER

Il est notoire qu’à côté de la littérature classique du Grand Siècle, des tendances épicuriennes se sont manifestées en France au cours du XVIIe siècle, à tel point que ce n’est pas sans cause que le mot « libertinage » a désigné alors et les mœurs relâchées et la hardiesse philosophique. Héritière de cette tradition libertine, la littérature du XVIIIe siècle explore volontiers les enjeux posés par les rapports amoureux et la sexualité : une forte mesure d’érotisme, se manifestant dans un champ assez restreint, a agi de façon créatrice à l’intérieur du mouvement des Lumières. Le triomphe de la philosophie sensualiste et le progrès des sciences naturelles battent en brèche la spiritualité de l’âme dont un des rôles les plus importants avait été d’appuyer la morale traditionnelle d’inspiration chrétienne qui condamne comme péché le désir sexuel. La « matérialisation » de l’âme a donc, par un procédé inverse, libéré la part de sexualité que sa « spiritualisation » avait longtemps réprimée.
Thérèse philosophe, d’attribution incertaine, raconte, sous forme de lettre-mémoires, l’initiation d’une jeune fille aux plaisirs de la chair et son émancipation concomitante du carcan philosophique et religieux imposé par sa mère et les autorités de l’Église.
Dans le triptyque Ceci n’est pas un conte, Madame de la Carlière et Supplément au Voyage de Bougainville, ainsi que dans l’Entretien d’un philosophe avec la maréchale de***, Diderot s’interroge sur les nombreuses raisons qui font obstacle à l’amour : la situation socio-économique, l’indissolubilité du mariage, la fidélité, la nature de l’homme, etc. À l’encontre de Rousseau, il montre que le malheur de l’homme moderne provient surtout du fait que la civilisation n’a pu s’accomplir qu’en assujettissant la femme à l’homme et en contrariant leurs besoins sexuels.

Textes au programme :

  • Thérèse philosophe, éd. F. Lotterie, GF-Flammarion, n° 1254
  • Diderot : Contes, éd. B. Didier, Le Livre de Poche, n° 3144
  • Diderot : Sur les femmes, Folio 2 €, n° 5637

012xxx Le conte philosophique de Voltaire

  • Dates des cours : 5nov-12nov-19nov-26nov-3déc-10déc-17déc-7janv-14janv-21janv-28janv-4févr
  • Heure de début du cours : 15:45
  • Heure de fin du cours : 17:45
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Gerhardt STENGER


Gerhardt STENGER

Le genre du conte philosophique date du XVIIIe siècle. Il s’agit d’un récit fictif, court et plaisant, qui emprunte des traits aux contes et romans traditionnels, en y joignant les problématiques sérieuses de la philosophie. L’homme est-il libre ? De quoi est-il responsable ? Dieu a-t-il pu vouloir le mal ? Que peut-on espérer de l’ordre de l’univers et de la justice divine ? Comment supporter l’imperfection du monde ? Peut-on garder son innocence ? L’amour et la raison triompheront-ils, ou bien la définitive et angoissante bêtise des esprits faux ? Les héros des contes voltairiens se font l’écho de ces interrogations. Micromégas constate que tous les habitants des planètes qu’il a visitées souffrent de leurs imperfections ; Zadig ne comprend pas pourquoi les calamités s’acharnent sur lui malgré ses qualités morales et ses bonnes actions ; Candide rencontre des maux partout où il passe ; quant à l’Ingénu, il finit par conclure que malheur est bon à quelque chose. L’alliance entre philosophie et littérature telle que Voltaire la pratique dans ses fictions philosophiques s’avère une arme efficace dans son engagement pour promouvoir la raison critique et lutter contre les injustices de son temps.

Textes au programme :
– Voltaire : Micromégas, Zadig, Candide, L’Ingénu
Ces quatre contes de Voltaire peuvent être achetés dans n’importe quelle édition.