- Dates des cours : 7janv-21janv-4févr-18févr-18mars-1avr-15avr-13mai
- Heure de début du cours : 15:15
- Heure de fin du cours : 16:45
- Jour du cours : Jeudi
- Intervenant : Georges LETISSIER
Georges LETISSIER
La question du genre (gender) à travers la littérature anglaise : William Shakespeare, Oscar Wilde, Virginia Woolf et les contemporains.
Le genre (entendu comme ressenti, vécu et identification à des codes socioculturels, par opposition au sexe biologique) est un sujet politique et idéologique. La « question du genre » qui recoupe l’identité de genre, l’orientation sexuelle et l’attribution de nouveaux droits, parfois assimilée au wokisme, suscite la résistance de certaines forces ou systèmes politiques. Le but de ce cours est d’appréhender cette question éminemment sensible du genre à travers un parcours dans la littérature anglaise. William Shakespeare s’impose d’emblée comme la première référence majeure. Outre les Sonnets en partie dédiés à un jeune homme à l’identité énigmatique, deux comédies seront traitées sous l’angle du genre : Comme il vous plaira (1599) et bien sûr La Nuit des rois (autour de 1600), incontournable sur une telle question. Dans la première, Shakespeare à travers le personnage de Rosalinde, qui se travestit en berger, livre une réflexion truculente sur les clichés de genre qui s’appliquent respectivement aux femmes et aux hommes dans la société élisabéthaine. Dans la seconde le questionnement sur le genre, corrélé à l’esthétique du théâtre baroque, se livre dans un jeu de miroirs inversés et de travestissements. Des siècles plus tard, Oscar Wilde dans L’importance d’être constant (1895) propose une satire qui égratigne au passage les rôles dévolus aux hommes et aux femmes dans la société patriarcale victorienne. La pièce doit être resituée dans le contexte du procès pour homosexualité à l’issue duquel l’écrivain irlandais se voit condamner pour « grave immoralité ». C’est l’amour que porte Virginia Woolf à Vita Sackville-West qui inspire à la romancière un texte unique, inclassable : Orlando (1928). Conçu comme la biographie d’un personnage fictif, nommé Orlando – tour à tour homme puis femme – le texte de Woolf traverse l’histoire anglaise de l’âge élisabéthain à la première guerre mondiale. Enfin ce cours, qui s’appuie au passage sur la théorisation du genre et du queer dans le monde anglo-saxon (Rosi Braidotti, Judith Butler, R. W. Connell, Adrienne Rich, E.K Sedgwick etc…) abordera des auteurs contemporains avec Jeanette Winterson, Les oranges ne sont pas les seuls fruits (1985) et Alan Hollinghurst, Nos soirées (2024).
Courte bibliographie à titre indicatif, nul besoin d’acquérir les ouvrages, les extraits utiles seront fournis lors du cours, avec les citations en anglais et français.
Alan Hollinghurst, Nos soirées, Paris : Albin Michel, 2025. [Our Evenings, London : Picador, 2024].
William Shakespeare, Comme il vous plaira, (trad. Jean-Michel Déprats, édition bil. Gisèle Venet), Paris : Galimard, coll. « Folio théâtre », 2014.
William Shakespeare, La Nuit des rois, (trad. Jean-Michel Déprats, édition bil. Anne-Marie Miller-Blaise, préf. Denis Podalydès), Paris : Gallimard, coll. « Folio théâtre », 2025.
Oscar Wilde, L’importance d’être constant, (trad. Jean-Michel Déprats, édition présentée et annotée par Alain Jumeau), Paris, Gallimard, coll. « Folio théâtre », 2012. [The Importance of Being Earnest (1895) and Other Plays, London : Penguin Classics, 2000.]
Jeanette Winterson, Les oranges ne sont pas les seuls fruits, Paris : Points, 2013. [Oranges are not the only fruit (1985), London: Vintage, 2014.
Virginia Woolf, Orlando (trad. Jacques Aubert), Paris Gallimard, coll. « Folio Classique », 2018. [Orlando (1928), London: Granada, 1982].

