012130 Philosophie des émotions et des valeurs

  • Dates des cours : 1oct-15oct-5nov-19nov-3déc-17déc
  • Heure de début du cours : 10:30
  • Heure de fin du cours : 12:30
  • Jour du cours : Jeudi
  • Intervenant : Bruno LANGLET


Bruno LANGLET

Il est assez couramment admis en philosophie que nombre de phénomènes affectifs ont la particularité d’apparaître lorsque nous sommes dans des situations qui impliquent des valeurs ou qui font signe vers elles.

Aristote a fondé la théorie des vertus en associant la vie éthique à nos dispositions de l’intellect et à celles du caractère, lesquelles sont constituées par nos dispositions à juger, à agir et surtout à ressentir au degré adéquat des émotions appropriées aux situations.

Thomas d’Aquin a élaboré un système des passions où les affects fondamentaux visent le bien sensible en tant que tel, mais aussi en tant qu’il est difficile à atteindre, ceci donnant corps à l’idée que certaines classes de passions (dites irascibles) sont par nature des ressources permettant de surmonter les obstacles.

Descartes a soutenu que les passions, entendues de manière générale, se rapportent à des traits généraux des situations sous l’aspect de l’important, du nuisible ou du profitable.

Chez Spinoza, les passions primitives que sont la joie, la tristesse et le désir tendent respectivement à m’indiquer l’augmentation de mon être (comme lorsque j’agis de manière profitable ou louable ou que je gagne des idées, des habiletés, des amis, etc.), son affaiblissement (lorsque j’en perds), tandis que le désir structure et oriente mes attitudes et actes, en me les faisant apparaitre comme porteurs de valeur.

La question de l’affectivité comporte ainsi de grandes facettes liées à la question de l’accès à ce qui importe. Dans la philosophie contemporaine, cette question des relations entre l’affectif et l’axiologique s’est posée de manière plus explicite. En quoi les émotions seraient-elles un mode d’accès pertinent aux valeurs ?

Plusieurs approches permettent de concevoir cette relation, comme celles qui font des états affectifs des perceptions de valeurs, ou bien des modes distincts de présentation de celles-ci, ou encore des révélateurs fonctionnant sur un registre au sein duquel croyances morales et réalité sont constamment en rapport.

Comment distinguer si les attitudes émotionnelles sont des manières de se rapporter à des valeurs distinctes qui seraient intrinsèques, ou s’il est plus correct de soutenir que c’est parce que nous désirons quelque chose, que ce qui est désiré reçoit une valeur ? Celle-ci serait alors extrinsèque.

Si l’accès aux valeurs repose sur les attitudes affectives, comment concevoir cette dépendance ? Elle semble être conceptuelle (l’accès aux valeurs requiert les émotions pour les identifier, mais les valeurs ont un être indépendant) ou ontologique (l’être des valeurs dépend des émotions).

Des textes clés seront distribués, lus et discutés en cours.

Bruno Langlet enseigne actuellement la philosophie au département de philosophie de l’université de Nantes. Il a publié, traduit et édité divers ouvrages et articles de philosophie contemporaine. Il a enseigné à l’université d’Aix-en-Provence et à l’université Bordeaux-Montaigne, dans le secondaire en lycée international et classique, ainsi que dans des structures d’enseignement pour non-spécialistes.

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