- Dates des cours : 7oct-4nov-18nov-2déc-16déc-13janv-27janv-10févr-10mars-24mars-7avr-12mai
- Heure de début du cours : 10:00
- Heure de fin du cours : 12:00
- Jour du cours : Mercredi
- Intervenant : Yves FRAVALO
Yves FRAVALO
« Grand âge, nous voici […], route de braise et non de cendres… », écrit Saint-John Perse, proclamant, contre une idée trop docile à certaines apparences, la persistance possible d’une « ardeur », au plein sens du terme, chez ceux-là même dont s’éloigne le temps du « plus haut vivre ».
Saint-John Perse né en 1887, Aragon en 1897, Joseph Kessel en 1898, ont publié, à partir de la fin des années cinquante, des œuvres – poèmes et romans – où se trouve dite, à travers la confidence directe ou par le biais de la fiction, l’épreuve, qui était la leur alors, comme elle l’est aujourd’hui pour une grande partie de ceux qui fréquentent l’Université Permanente, d’une entrée dans la vie « en son dernier décours » (Montaigne).
S’il est un temps, pour chacun, où peut se transformer en conscience – et c’est par là que s’atteint, aux yeux de Malraux, le plus haut accomplissement de l’homme – la plus large expérience possible, c’est sans doute précisément celui du « grand âge ».
Faisant dialoguer les quelques écrivains de notre jeunesse, désignés ci-dessus, avec certains de leurs devanciers – Chateaubriand et Hugo, Rousseau et Montaigne… – et croisant toutes ces voix d’hommes avec celles de quelques femmes – Elsa Triolet, Colette, George Sand… – nous essaierons de voir comment ils ont cherché, en assumant pour cela le prix de la lucidité, à faire du temps compté qui leur était encore accordé « cette heure de grand sens » célébrée dans Chronique.
Notre réflexion prendra d’abord appui sur les textes suivants :
Kessel, Les Cavaliers, 1967 (Folio 1373),
Aragon, des extraits tirés de Théâtre/Roman (« Romain Raphaël dans le rôle du Vieux ») 1974, et de quelques-uns de ses derniers recueils, dont Le Fou d’Elsa, 1963, Les Chambres, 1969, Les Adieux et autres poèmes 1981,
Saint-John Perse, Chronique, 1959 (Poésie/Gallimard),
avant de s’ouvrir, autour des noms cités plus haut, à un corpus élargi, dont le foyer fédérateur serait à chercher du côté de la notion mise en exergue par le titre du dernier chapitre de Montaigne « De l’expérience », Les Essais, III, 13.
De l’ensemble du parcours, on pourra sans doute retenir l’invitation à une forme de résistance : résistance à la tentation d’un renoncement prématuré comme à celle de la résignation ou de la rumination nostalgique.
Yves Fravalo, professeur pendant 30 ans, a exercé dans les classes préparatoires littéraires du Lycée Guist’hau de Nantes, il assure actuellement des cours à l’Université permanente.

