- Dates des cours : 8janv-15janv-22janv-29janv-5févr
- Heure de début du cours : 18:00
- Heure de fin du cours : 19:30
- Jour du cours : Jeudi
- Intervenant : Jean-Michel VIENNE
Ce cours aura lieu dans un amphithéâtre / ouvert au public extérieur à l’UP,
Jeudi 8 janvier 18.00 – 19.30 : Caroline Baudouin (Professeur agrégée au lycée de Cholet, chargée de cours au département de philosophie de Nantes Université) : Faut-il craindre les machines ? L’omniprésence des machines suscite dans bien des circonstances de la méfiance, voire de l’appréhension : elles menacent de détruire nos emplois, génèrent des catastrophes aux effets démesurés quand leur contrôle nous échappe et nous laissent complètement démunis lorsqu’elles tombent en panne. Pourtant, ces mêmes machines nous sont utiles au quotidien et semblent tout autant nous faciliter l’existence. Alors, faut-il craindre les machines ?
Jeudi 15 janvier 18.00 – 19.30 : Jean-Louis Kerouanton (Nantes-Université, Centre François Viète : Épistémologie, Histoire des sciences et des techniques) : De la machine ou du machinisme : engin, outil, système, matière, production du XVIIIe au XXIe siècle Utilisé dès le Moyen Age et sous l’Ancien Régime, « l’engin » est une des étymologies de l’ingénieur. Il gagnerait chez nous parfois de nos jours une connotation péjorative, ce qui n’est pas le cas du « engine » anglais. La « machine » engage la pensée d’un objet technique, mécanique même, d’un assemblage plus ou moins complexe de pièces et de fonction. Dans les textes du XVIIIe siècle, un chevalement de mine est aussi souvent désigné comme un engin que comme une machine. Il s’agira de poser à travers plusieurs exemples concrets, les enjeux de compréhension de la complexité technique, dans sa constitution matérielle et dans son contexte de production. En interrogeant le complexe-machine, on interrogera naturellement ce qui serait le machinisme depuis ce qu’il est convenu d’appeler la Révolution industrielle. En commentant les critiques majeures et parfois radicales les plus contemporaines qui questionnent les conséquences des pratiques matérielles de ces bientôt trois derniers siècles, on posera aussi les enjeux de la mémoire technique de ces machines et de leur patrimonialisation éventuelle.
Jeudi 22 janvier 18.00 – 19.30 : Xavier Aimé (CEO Cogsonomy, Chercheur associé IA – CNRS) : IA, ce nouvel « Autre » L’IA n’existe pas selon certains. Ce n’est qu’un outil pour d’autres. Et en même temps, on aime l’accuser de tous nos maux : ce n’est pas moi, c’est l’IA. A tel point qu’il devient le bouc émissaire idéal de nos travers, nous dédouanant de tout esprit critique vis-à-vis de nous-même en premier lieu. En même temps, dans d’autres contrées, l’IA est considérée comme le premier être vivant non biologique. Paradoxes en vue.
Jeudi 29 janvier : Frantz Rowe (Nantes Université – IAE) : Le numérique : Sortir de l’enfermement, de notre fausse conscience Les géants du capitalisme numérique exploitent des pratiques de Big data reposant sur la datafication de nos comportements, l’accès permanent à ces données et sur leur traitement par apprentissage automatique. Nous nous enfermons avec des conséquences délétères (usages problématiques et addictifs des smartphones ; isolement social ; exploitation abusive de nos productions etc..) dans ces pratiques et les plateformes associées sans en être pleinement conscients. Nous proposons une théorie de la dynamique causale de cet enfermement représentée à la fois par des boucles de renforcement et synthétisée par trois propositions. L’idéologie de la technique conduit le développement d’une fausse conscience qui conditionne l’enfermement numérique et conduit à des marchandages faustiens. Tant la fausse conscience, que cet enfermement et les marchandages faustiens sont l’objet de boucles causales de renforcement délétères et inter-reliées constituant une explication plausible de la diminution des libertés des utilisateurs du numérique. L’enjeu du siècle est de réinventer une rationalité sociale de la technique
Jeudi 5 février 18.00– 19.30 : Vincent Granata (Nantes Université, Centre Atlantique de Philosophie, Maître de conférences en Musique et musicologie) : Ce que les technologies contemporaines font à la musique Depuis l’après-guerre, les technologies d’enregistrement et de reproduction du son ont profondément modifié la nature même de la musique. L’œuvre ne réside plus seulement dans une partition à exécuter, mais dans un objet sonore (parfois intégralement) façonné par la technique. Dans ce contexte, que devient alors le statut ontologique des œuvres musicales ? Quelles sont leurs nouvelles modalités ? Ont-elles plus ou moins de valeur que des œuvres plus « traditionnelles » ? Et plus radicalement, peut-on vraiment encore les considérer comme étant de la musique ?
Jean-Michel VIENNE, coordinateur du cours

